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La vérificatrice générale critique vivement l'ombudsman de Gatineau

La vérificatrice générale de la Ville de Gatineau, Johanne Beausoleil, décrit un manque de « disponibilité », « d'objectivité » et « crédibilité » dans le travail du Bureau de l'ombudsman, dans un rapport qui a été dévoilé mardi.

Dès le début de son mandat d’audit de conformité, la vérificatrice générale dit avoir affronté un climat difficile, le Bureau de l’ombudsman s’étant montré très réticent à collaborer, ce qui aurait eu pour effet de retarder l’audit de plusieurs semaines.

Cela a amené Mme Beausoleil « à se questionner sur la compétence du Bureau de l’ombudsman de Gatineau (BOG) de démontrer une attitude courtoise favorisant la résolution de problèmes et à bien servir les citoyens », peut-on lire dans le communiqué émis par la vérificatrice générale.

« Le Bureau a contribué à créer de la confusion en décrivant son mandat différemment dans les divers documents publiés et les outils développés au cours du temps. Cette même confusion se retrouve aussi au niveau de la description des services offerts par le Bureau de l’ombudsman de Gatineau », a ajouté Mme Beausoleil.

À la lumière des problèmes qu'elle soulève dans le rapport, la vérificatrice estime que « le Bureau de l’ombudsman ne remplit pas adéquatement son rôle auprès du citoyen ».

« Le Bureau de l’ombudsman a des exigences minimales en matière de compétences recherchées de ses commissaires, et peu de formation leur est offerte pour les préparer à leur rôle », a aussi conclu la vérificatrice générale.

Le Bureau de l’ombudsman rejette les conclusions du rapport

Le Bureau de l’ombudsman de la Ville de Gatineau a pour sa part vivement dénoncé l’examen de conformité de ses actions par la vérificatrice générale, accusant celle-ci d’avoir outrepassé ses pouvoirs en acceptant ce mandat du Conseil municipal en juillet et affirmant qu’elle n’avait pas la compétence pour ce faire.

« La vérificatrice générale n’a pas à s’immiscer dans les affaires internes du Bureau de l’ombudsman, sauf s’il s’agit de la saine gestion des fonds publics et des questions de ressources humaines et de ressources financières, ce qui n’est pas le cas ici », a déclaré le président par intérim du BOG, André Guay.

M. Guay juge que cet exercice menace l'indépendance de sa fonction. Il soutient aussi avoir collaboré de bonne foi à l’audit.

À la demande du conseil municipal

C'est le conseil municipal qui a demandé l'an dernier à la vérificatrice de procéder à un examen de conformité des actions du bureau de l'ombudsman relativement à ses responsabilités et son mandat.

Lors du vote du conseil municipal, le 4 juillet 2017, des élus, dont le président du conseil municipal Daniel Champagne, avaient soutenu que l'ombudsman semblait se substituer au rôle des élus.

M. Champagne maintient qu'il est en faveur d'un Bureau de l’ombudsman à Gatineau, mais il a encore certaines réserves.

« Je crois fermement à la pertinence et la nécessité d’avoir un Bureau de l’ombudsman, je pense que dans une démocratie municipale, c’est essentiel. Ceci dit, il faut s’assurer que ce n’est pas 50 % des règles qui sont respectées, mais bien 100 % de ces règles-là », a précisé M. Champagne.

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