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La victoire de Lisée ne laisse personne indifférent

Les réactions ont afflué rapidement quand la décision des membres du Parti québécois d'en donner le gouvernail à Jean-François Lisée a été connue.

Pierre Karl Péladeau a salué son successeur par le truchement des médias sociaux.

Élu chef du PQ en mai 2015, M. Péladeau a démissionné en mai dernier pour des raisons familiales, lançant du coup la course qui vient de se terminer.

Un porte-parole du premier ministre libéral Philippe Couillard a mentionné que ce dernier ferait part de ses impressions aux médias samedi, mais son leader parlementaire Jean-Marc Fournier a donné le ton.

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, a abondé dans le même sens : « Le PQ est dépassé par la réalité, les Québécois ne veulent plus entendre parler de séparation. »

« Force est de constater que le PQ demeure d'abord et avant tout un parti souverainiste. La séparation aura été omniprésente tout au long de la course à la chefferie, a aussi déclaré M. Proulx. La grande question qu'ils auront débattue entre eux est de savoir quelle sera la mécanique de mise en oeuvre du processus de séparation. »

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui a précisé s'être entretenu quelques minutes avec le nouvel élu vendredi soir, s'est montré moins dur envers le nouveau dirigeant péquiste.

Mais le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, a davantage insisté sur l'aspect « adversaires ».

Les porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Andrés Fontecilla, ont quant à eux regretté la décision des membres du PQ de repousser le projet souverainiste.

« M. Lisée s'éloigne de la raison d'être du Parti québécois en reportant un référendum après 2022, ont-ils affirmé dans un communiqué. Québec solidaire juge qu'il est possible de faire deux choses à la fois : se débarrasser des libéraux et de Philippe Couillard tout en permettant aux Québécois et aux Québécoises de faire la souveraineté via un processus constituant. »

Le chef d'Option nationale, Sol Zanetti, a également critiqué la position défendue par Jean-François Lisée durant sa campagne sur la tenue d'un éventuel référendum. M. Zanetti estime que le fait de repousser l'échéance référendaire pour éviter d'aborder le projet indépendantiste dans un premier mandat est une « stratégie perdue d'avance » qui donnera lieu à des attaques des « forces du statu quo ».

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, s'est pour sa part montré plus enthousiaste.

« J'ai tellement hâte de travailler avec Jean-François, a-t-il fait savoir. Il peut compter sur notre entière collaboration pour faire avancer le Québec. Nous allons tout faire pour que les Québécoises et les Québécois puissent enfin compter sur un gouvernement responsable à l'Assemblée nationale en 2018, un gouvernement honnête, au diapason des gens et progressiste. Nous allons tout faire pour que le Québec retrouve confiance en ses institutions. Et nous allons tout mettre en oeuvre pour que le grand projet indépendantiste puisse se réaliser. »

De son côté, Gilles Duceppe a expliqué qu'il n'était pas surpris de la victoire de Jean-François Lisée, mais qu'il était étonné du résultat. « Quarante-sept pour cent au premier tour, il n'y a pas grand monde qui avait prédit ça », a-t-il lâché.

L'ancien chef du Bloc québécois avait durement critiqué le comportement de Jean-François Lisée vers la fin de la campagne en affirmant qu'il avait « échoué au test pour diriger le PQ », en raison de ses propos associant le controversé imam Adil Charkaoui à son adversaire Alexandre Cloutier.

Gilles Duceppe s'est toutefois montré soulagé du discours tenu par le député de Rosemont à la suite de sa victoire. « Il sera capable d'être responsable, a-t-il prédit. Il a toute la légitimité voulue d'avoir du bon jugement et de faire preuve de dignité, [mais] il faut éviter que le mauvais Jean-François Lisée refasse surface. Il faut que ce soit le Jean-François Lisée du discours d'hier. Ça, c'est rassembleur. »

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a quant à lui utilisé Twitter pour s'adresser à M. Lisée.

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a aussi félicité Jean-François Lisée pour son élection et lui a offert son entière collaboration.

« Nous lui souhaitons un franc succès dans l'exercice de ses nouvelles fonctions. Nous nous ferons un devoir, dès que possible, de le rencontrer afin de l'informer des principaux enjeux du monde municipal », a déclaré le président de l'UMQ et maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, dans un communiqué.

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