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La vie après le pouvoir, selon trois élus sortants

Ce jour d'élection représente le début d'une carrière en politique municipale pour bien des nouveaux élus, alors que pour d'autres, il s'agit du moment où ils tirent leur révérence. Aujourd'hui, des maires et mairesses bien connus de la région se retirent, après des mandats souvent mouvementés.

C’est le cas d’Ursule Thériault, mairesse de L'Isle-Verte. En 2014, alors qu’elle occupait son poste depuis à peine 80 jours, elle a dû gérer les conséquences d'une tragédie : l'incendie de la résidence du Havre, qui a coûté la vie à 32 personnes.

« Tout ce qui survient en dehors des opérations ordinaires d'une municipalité, comme l'incendie qu'on a eu, qui est interpellé? C'est toujours le maire ou la mairesse », rappelle-t-elle.

Aujourd'hui, Mme Thériault se retire des projecteurs, fatiguée, mais sereine. « On se sent comme dégagée de grosses responsabilités, confie-t-elle. C'est la première chose que moi je considère. »

« La vie après la politique, pour le moment, c'est uniquement centré sur ma propre personne, à refaire mes énergies et à me retrouver comme professionnelle, comme femme aussi, et puis après on verra », commente-t-elle.

Jean-Guy Poirier

Jean-Guy Poirier règle ses derniers dossiers à titre de maire de Saint-Siméon; un poste qu'il a occupé pendant 40 ans. Il a aussi été préfet de la MRC de Bonaventure de 1981 à 2017.

Il estime avoir vécu une très bonne expérience. « Le monde municipal, c'est quelque chose de très intéressant, observe-t-il. Même en militant à l'intérieur du monde municipal, tu rencontres aussi des gens drôlement intéressants. J'ai l'impression que ce côté-là va me manquer autant que la vie municipale comme telle. Réellement, j'ai rencontré des personnes avec qui j'ai aimé travailler. J'espère que je vais encore avoir l'occasion de jaser avec eux autres. »

À 81 ans, M. Poirier compte profiter de sa retraite. « Moi, je suis un bricoleur. Je fais ma charpenterie, ma plomberie, mon électricité. Je m'amuse là-dedans. J'ai un bâtiment où je m'amuse; je pense que je vais me concentrer à ça.

Le maire sortant raconte qu'il eut du mal à prendre la décision de tirer sa révérence.

Danielle Doyer

Pour sa part, Danielle Doyer tourne la page sur une vingtaine d'années de vie politique.

Mairesse de Mont-Joli depuis 2013, elle était auparavant députée provinciale de la circonscription de Matapédia. « Il y a beaucoup de nostalgie, un peu de tristesse bien sûr, admet-elle, mais je vous dirais que vu que je l'ai annoncé en juin, j'ai fait mon deuil de ma fonction. »

Pour la suite des choses, Mme Doyer compte « cultiver l'art de ne rien faire, mais de le faire intelligemment ».

Elle veut voir des spectacles, lire. « J'ai une multitude de livres dans ma maison que j'ai achetés au cours des dernières années que je n'ai pas eu le temps de lire et que j'ai réservés pour ma retraite », mentionne-t-elle.

Ces trois candidats ont suivi avec intérêt les courses qui ont eu lieu dans leurs municipalités pour leur succéder au poste de maire. Mais ils font preuve de retenue lorsqu'on leur demande quels conseils ils ont à offrir à leur successeur.

Jean-Guy Poirier ne veut pas « jouer à la belle-mère », comme il le dit. « Je vais laisser les autres faire leur chemin comme moi j'ai fait le mien », lance-t-il.

Quant à Ursule Thériault, elle recommande aux futurs élus de toujours rester eux-mêmes, d’avoir des convictions et de les défendre. « C’est vraiment ça qu'il faut faire », assure-t-elle.

D’après le reportage d’Ariane Perron Langlois

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