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La volaille et les produits laitiers au menu de la négociation de l'ALENA

L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) fera l'objet la semaine prochaine d'une quatrième session de pourparlers qui portera vraisemblablement sur les produits laitiers et de la volaille. Des marchés protégés au Canada par un système de gestion de l'offre que les États-Unis voudraient bien voir éliminé.

« De toute évidence, nous avons besoin que ces marchés soient ouverts », a déclaré le secrétaire d'État américain à l'Agriculture, Sonny Perdue, lors d'un forum organisé cette semaine par l'Association de commerce international de Washington.

« Nous allons mettre certaines choses sur la table durant cette prochaine séance de négociation », a ajouté M. Perdue.

Le secrétaire d'État à l'Agriculture reconnaît qu'en général l'industrie agricole des États-Unis a bénéficié de l'ALENA. Par conséquent, Sonny Perdue affirme avoir prévenu son homologue au Commerce, le secrétaire d'État Robert Lighthizer, d'y aller prudemment dans les négociations portant sur ce secteur.

De l'avis de M. Perdue, les négociations poursuivies jusqu'ici ont été décevantes, du point de vue des États-Unis. « Honnêtement, nous avons été déçus », a-t-il dit.

Robert Lighthizer avait au contraire affirmé que des progrès avaient été accomplis, au terme de la troisième séance de négociation. Et, bien que des désaccords subsistaient au terme de cette session, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland et le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo, s'étaient eux aussi montrés satisfaits de l'évolution des discussions.

Des points de discorde qui persistent

Du côté canadien, on a reproché aux négociateurs américains de n'avoir guère précisé leurs positions relativement au mécanisme de résolution de confits et des règles d'origine.

Et pour la suite, une chose est sûre : les produits laitiers vont représenter un contentieux à la table de négociations.

Les États-Unis, soumis aux pressions de leur propre industrie agricole, veulent que l'industrie canadienne soit assujettie aux règles du libre-échange. Les fermiers américains allèguent que le mécanisme de gestion des quotas, en vigueur au Canada, les désavantage. Les fermiers américains ont d'ailleurs trouvé en Donald Trump un appui, ce dernier ayant accusé les Canadiens d'avoir mis en place des règles injustes.

La ministre Freeland s'est portée à la défense de l'industrie canadienne des produits laitiers. Mais au goût de l'opposition, elle ne l'a pas fait de manière assez vigoureuse.

« Je veux entendre que le système de la gestion de l'offre ne sera pas sur la table lors des négociations », a insisté le critique néo-démocrate en matière de commerce, Tracey Ramsey.

Les producteurs laitiers canadiens ne désespèrent pas

Au centre de ses discussions, les producteurs laitiers du Canada se montrent optimistes.

« Le premier ministre et son cabinet ont clairement exprimé leur soutien et leur volonté de défendre l'industrie laitière et le système de gestion de l'offre, et les représentants de l'industrie assisteront à chacune des séances de négociations afin de s'assurer que [les élus] agiront en conséquence », a déclaré Yves Leduc, directeur des politiques et du commerce international pour les Producteurs laitiers du Canada.

« Les produits laitiers ne faisaient pas partie du premier accord de libre-échange nord-américain, et il n'y a pas d'argument valable pour que cela soit remis en question lors de cette séance de négociation », a-t-il soutenu.

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