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Laval met le holà à la construction de tours d'habitation

Le maire de Laval, Marc Demers, a l'intention de faire interdire la construction de tours de logements et de condominiums sur 82 % de son territoire.

« Il y aura, pour la première fois depuis plusieurs décennies, un plan d'aménagement [du territoire] », a déclaré M. Demers en entrevue téléphonique. Le dernier plan du genre pour la troisième ville en importance au Québec date effectivement de 1990.

Pour le premier magistrat de cette banlieue au nord de Montréal, cette annonce marque la « fin de l'improvisation et des initiatives de construction au gré [des] besoins des promoteurs ». Le plan sera par ailleurs conforme aux volontés de la Commission métropolitaine de Montréal (CMM), a-t-il indiqué.

Le conseil municipal de Laval a déjà approuvé la mesure. La prochaine étape consiste à obtenir le feu vert de la CMM. « Pendant notre réflexion, nous avons travaillé en collégialité avec la CMM, qui nous a transmis des commentaires plutôt positifs », a souligné Marc Demers.

Viendront par après la demande officielle effectuée auprès du gouvernement, puis l'arrimage des nouvelles dispositions et des plans de zonage, a précisé le maire.

Régions protégées

Au dire de M. Demers, tous les secteurs résidentiels de Laval ayant été principalement développés en y construisant des maisons unifamiliales, mais aussi les territoires agricoles, les boisés et les milieux humides ne pourront accueillir de nouvelles constructions en hauteur. Au total, ce sont 3300 hectares de territoire qui bénéficient de ce nouveau statut. Le maire évoque, par ces protections, le maintien de la qualité de l'air, ainsi que la diminution des îlots de chaleur et du smog.

La Ville continuera par ailleurs de permettre la construction de tours de 6 à 25 étages au centre-ville et aux alentours des trois stations de métro et des gares de train de banlieue, ainsi que dans les zones où de tels édifices existent déjà.

Cette nouvelle vision de l'aménagement sur le territoire lavallois découle des demandes de la part des résidents, mais aussi des exigences du gouvernement du Québec, par l'entremise de la CMM et de son plan d'aménagement. « L'un des objectifs, c'est la densification de la population près des bouches de métro, des gares de train », a poursuivi M. Demers, précisant que la Ville est « en accord » avec ces normes.

« Laval a effectué, depuis deux ans, un exercice de consultation auprès des citoyens et d'organismes spécialisés pour déterminer la façon dont la ville doit se développer au cours des prochaines décennies », a-t-il dit.

Un plan bien reçu

Ces deux années de consultations publiques ont d’ailleurs permis à tous de se familiariser avec le nouveau plan, qui reçoit l’approbation autant des promoteurs immobiliers de la région que des environnementalistes.

Plusieurs promoteurs voient effectivement d’un bon œil l’instaurant d’un cadre « que tous devront respecter ».

« Il y a certaines limitations au niveau des types de construction qu'on peut faire, a indiqué Jean-François Voyer de Construction Voyer. Mais, dans l’ensemble, je pense que c'est une bonne chose. »

L’impact demeure minime pour son entreprise, puisque le seul projet en cours se trouve en zone urbaine. Les nouvelles mesures n’auront pas de conséquences non plus sur les terrains acquis en vue de développements futurs.

M. Voyer a seulement été surpris par l’étendue des terrains qui seront dorénavant protégés par la Ville. « Il y en a eu beaucoup plus qu’on s’y attendait », a-t-il admis relativement aux zones réservées à de futurs parcs, par exemple.

Cette partie du nouveau schéma réjouit cependant le directeur général du conseil régional de l'environnement de Laval, Guy Garand. « Quand on sait toute la saga qu'il y a eu dans l'ancienne administration [de l’ex-maire Gilles Vailancourt] sur la perte des milieux humides, aujourd'hui, on reçoit très bien la vision de la Ville de Laval, qui est urbaine de nature. »

Guy Garand espère maintenant que jusqu’à 17 % du territoire de Laval sera transformé en aires protégées contre tout développement.

Il recommande par contre que Laval se dote d'un service des grands parcs et des milieux naturels, comme en ont la plupart des grandes villes autant au Québec qu’ailleurs dans le monde. Cette mesure ne figure pas au plan actuel.

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