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Le bilan de 2016 de Greg Selinger : « une année de transition »

En entrevue avec Radio-Canada, le député de Saint-Boniface et ancien premier ministre du Manitoba Greg Selinger revient sur une année politique qu'il qualifie de « difficile ». M. Selinger affirme être en période de réflexion au sujet de son avenir.

En 2016, Greg Selinger et le Nouveau Parti démocratique (NPD) sont passés de l’autre côté de la chambre après une dure défaite aux élections provinciales. « C’est une année de transition, il n’y a aucun doute, note le député. Après 16 ans et demi au gouvernement, les citoyens ont fait leur choix d’un nouveau gouvernement et on doit le respecter. »

Depuis le printemps, l’ancien premier ministre s’adapte à son rôle comme député de l’opposition. Il dit avoir plus de temps à passer dans sa circonscription. « J’ai toujours aimé être impliqué dans la communauté, alors ça me donne l’opportunité d’avoir le contact direct avec les citoyens de Saint-Boniface », se réjouit-il.

Mais être dans l’opposition c’est frustrant parce que vous pouvez seulement être le critique.

Greg Selinger

En chambre et avec son parti, on l’entend maintenant s’exprimer très rarement. Cependant depuis qu’il est dans l’opposition, Greg Selinger fait régulièrement des déclarations de député pour rendre hommage à des groupes de Saint-Boniface qui, dit-il, « ont fait une différence dans notre qualité de vie ». « Maintenant, j’ai l’occasion et le temps de préparer [ces] déclarations [...]. Reconnaître leur contribution c’est une responsabilité. »

Une longue pente à remonter

Dans les derniers mois, le NPD a connu des épisodes difficiles : défaite aux élections, une chefferie assurée par intérim, une rébellion qui continue de hanter le parti. Récemment encore, un élu du NPD a été au centre d’allégations de harcèlement sexuel, et un député étoile, Kevin Chief, a annoncé sa démission. Greg Selinger reconnaît que ces développements ont été « très difficiles ».

Je suis frustré par ces situations, mais on est en train de redévelopper notre parti, et c’est quelque chose qui va continuer pour un certain temps. Je n’aime pas dire que c’est “normal”, mais on a vu ça avant, avec les partis politiques qui perdent leur chef et le gouvernement.

Greg Selinger

Il affirme que le parti devra trouver une façon de travailler ensemble, pour « continuer d’être une opposition efficace ». Mais pour l’instant, si la réconciliation « a commencé un peu » selon Greg Selinger, « on n'est pas encore là ». « Tout le monde n’est pas sur la même page. »

En réflexion

En ce qui concerne son propre avenir, Greg Selinger concède qu’il est en réflexion. « Quand j’ai appris l’élection, rappelle-t-il, les électeurs de Saint-Boniface et les autres membres de mon parti m’ont demandé de continuer [...]. Mais je suis dans une période de transition moi-même. »

Je dois consulter non seulement ma famille, mais ma circonscription, les membres de mon parti politique, sur quel sera le meilleur temps de [partir].

Greg Selinger

Il attend aussi qu’il y ait des candidats prêts à se lancer dans sa succession. « Il y a beaucoup de personnes de qualité dans la circonscription qui considèrent », laisse-t-il entendre.

Mais est-ce que la présence de Greg Selinger encore aujourd’hui au sein du caucus NPD, alors qu’il a été l’objet d’une rébellion destructrice, a un impact sur la reconstruction du parti? À cette question, il répond : « probablement, il n’y a aucun doute ».

« C’est toujours le rôle d’un chef de trouver une façon de travailler avec tout le monde, dit-il, et j’ai toujours fait ça, mais il y a les différences [...]. Et vous devez réconcilier ça avec votre responsabilité envers les électeurs de votre circonscription. C’est la raison pour laquelle je ne suis pas très souvent devant le public avec des déclarations sur la politique, je laisse les questions de politique aux autres. »

Un grand exploit

Enfin pour 2016, Greg Selinger se réjouit d’un « grand accomplissement » : l’adoption de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine. « Si on peut avoir un projet de loi comme ça accepté à 100 % par chaque membre de la législature, ça indique une nouvelle étape dans notre développement comme province », souligne-t-il.

Une entrevue réalisée par Camille Gris Roy.

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