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Le Bloc, instrument d’une rébellion tranquille

À six reprises, le Bloc québécois a remporté une majorité de sièges au Québec. Puis, en 2011, le parti souverainiste s'est retrouvé avec seulement quatre députés à Ottawa, balayé par la vague orange. Dans la présente campagne, le Bloc joue-t-il son avenir?

Martine Tremblay vient de publier un ouvrage fouillé sur le parcours de ce parti : La rébellion tranquille. Selon l'auteure, le Bloc québécois a été l'instrument « d'une rébellion qu'on peut qualifier de tranquille, parce que c'était un geste de rébellion de créer ce parti (au début des années 1990) et d'envoyer une majorité de députés à Ottawa, mais de le faire de manière responsable, dans le respect des institutions », explique-t-elle en entrevue à 24/60.

Mme Tremblay semble toutefois chroniquer la mort graduelle de ce parti rebelle. Elle souligne d'ailleurs que ces dernières années, « on avait l'impression, à la fin, que le Bloc faisait de moins en moins peur au Canada anglais ».

Ce qui a véritablement amorcé le déclin du Bloc, selon l'auteure, c'est l'arrivée de Stephen Harper à Ottawa. Dans son livre, elle écrit que le mouvement souverainiste s'est installé dans une espèce de torpeur avec l'arrivée de Stephen Harper, parce que l'axe de réflexion n'était plus souverainiste-fédéraliste, mais gauche-droite.

« Tellement habitué d'être face à l'ennemi héréditaire qui était le Parti libéral de Jean Chrétien, quand Stephen Harper est arrivé et a décrispé les relations entre le Québec et Ottawa, bien sûr, le Bloc a été déstabilisé », dit Martine Tremblay.

PQ et Bloc, deux frères indépendants

Le Bloc et le parti souverainiste à Québec, le Parti québécois, ont toujours été « deux frères avec des tensions incroyables », souligne Mme Tremblay en entrevue.

Tout au long de son histoire, le Bloc a éprouvé de la difficulté à se faire accepter du PQ, notamment parce qu'au Parti québécois, « certains ont rêvé de contrôler ce parti frère. »

Il leur est néanmoins arrivé de travailler ensemble. « D'ailleurs, à certains moments, le Parti québécois, qui cherchait à remonter la pente après ses défaites successives de 2003 à 2011, avait besoin du Bloc! Le Bloc était devenu un parti riche, un parti super organisé, incroyablement outillé », dit-elle.

Martine Tremblay croit-elle qu'en publiant son livre pendant la campagne électorale, cela pourrait donner des munitions aux adversaires du Bloc? « Oui, mais en même temps, je pense que ça fait la part des choses, aussi, et ça fait valoir ce qu'a été le Bloc. Pour moi le Bloc, il a réussi un exploit historique, insiste-t-elle. Le Bloc, pendant 20 ans, a dominé la politique fédérale au Québec. C'est ce que je voulais documenter. »

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