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Le brouillard de l'UPAC

ANALYSE - Le climat de travail s'améliore à l'Unité permanente anticorruption. C'est la bonne nouvelle du jour. Mais il reste des problèmes de communication interne. C'est le bémol du jour. Et malgré une (autre) sortie publique du commissaire Robert Lafrenière, le brouillard s'épaissit autour de l'UPAC. Ça, c'est la mauvaise nouvelle du jour.

Une analyse de Sébastien Bovet, chef du bureau parlementaire à Québec

Ça devait être une journée de grande transparence. L’UPAC transmet deux rapports sur le climat de travail qui y règne. Le ministre qui les reçoit ne fait ni une ni deux, il les rend publics immédiatement. La démarche aurait presque pu s’attirer les éloges d’Edward Snowden.

La journée se termine par contre avec le sentiment que le brouillard qui enveloppe l’UPAC s’épaissit :

  • On nous dit que le climat de travail s’améliore, mais le diagnostic ne porte que sur un département de l’UPAC, la vérification des entreprises;
  • Nos informations laissent entendre que le taux de roulement de personnel y est encore élevé;
  • Et qu’en est-il du département des opérations, le cœur de l’Unité? Les policiers travaillent-ils dans un bon climat? Il existe un document de travail, en fait des notes manuscrites, sur la situation. Mais il reste secret;
  • L’UPAC a voulu rencontrer deux élus, Pascal Bérubé et Éric Caire, avant de se décommander parce que l’Assemblée nationale lui a envoyé une lettre invoquant l’immunité parlementaire;
  • L’Assemblée nationale dément cette version des faits et dit qu’elle n’a jamais demandé d’annuler les rencontres.

Alors on finit la journée en se posant des questions :

  • Quel est le climat de travail à l’UPAC?
  • Qu’est-ce que l’UPAC veut demander aux députés Bérubé et Caire?
  • Qui dit vrai? L’UPAC ou l’Assemblée nationale?
  • S'agit-il d'un malentendu ou d'un nouveau bras de fer entre les deux?

Sans oublier ces soupçons énigmatiques que l’UPAC fait planer sur le député Guy Ouellette. Selon des mandats de perquisition, M. Ouellette aurait tenté d’influencer ou de négocier une nomination, ou encore d'en faire le commerce.

Quoi? La nomination de qui? Robert Lafrenière? Faire le commerce d’une nomination? Ça veut dire quoi?

On pensait en savoir plus aujourd’hui, on a l’impression d’en savoir moins. On espère que l’UPAC fait son travail avec intégrité et professionnalisme. Il y a un doute.

Et si vous vous dites qu’on doit la juger sur ses résultats, comment définit-on des résultats? Le nombre de personnes arrêtées? Leur notoriété? Peut-être vous dites-vous qu’on devrait juger l’UPAC sur son efficacité à trouver la vérité?

C’est beaucoup moins quantifiable et on se demande si, en ce moment, elle n’a pas la tête ailleurs à cause de toutes sortes de distractions.

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