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Le cadre financier du NPD est-il viable? L'épreuve des faits

Le chef néo-démocrate le répète depuis le début de la campagne électorale : son parti va équilibrer le budget coûte que coûte!

Un texte de Denis-Martin Chabot

Vérification faite : à la lumière de son cadre financier dévoilé aujourd'hui, ce sera un exercice périlleux.

Par courriel, le Nouveau Parti démocratique (NPD) confirme qu'il utilise les prévisions économiques du budget conservateur déposé en avril pour établir ses propres budgets des quatre années suivantes.

En 2016-2017, le taux de croissance prévu était de 2,3 % dans le budget du ministre des Finances conservateur, Joe Oliver. Une prévision trop optimiste de l'avis du Directeur parlementaire du budget, des grandes banques canadiennes et de l'OCDE, qui ont revu à la baisse les prévisions de croissance économique.

Pour voir le tableau résumé sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Les grandes banques ont dressé un tableau encore plus sombre, avec un taux de croissance d'au moins 0,5 point de pourcentage plus faible que prévu. Chaque point de moins représente une baisse de 4 milliards de dollars en revenus pour le gouvernement fédéral.

Dans le dernier budget conservateur, on prévoyait aussi un baril de pétrole à 67 $ en 2016. Les experts parlent maintenant d'un prix sous les 50 $.

Si ces prévisions se concrétisent, elles priveront les coffres de l'État de plusieurs milliards de dollars par année.

Les surplus annuels de 3 à 4 milliards de dollars prévus par les néo-démocrates pourraient ainsi se transformer en déficits, sans compter que le NPD utilise les chiffres du ministère des Finances sans tenir compte de la réserve de 1 à 3 milliards de dollars pour pallier les imprévus, comme une catastrophe ou une intervention militaire.

Cela fait dire à l'économiste Jean-Pierre Aubry, fellow associé au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) et membre du Comité des politiques publiques de l'Association des économistes québécois, que le NPD se retrouverait sans marge de manoeuvre.

Pour l'économiste Serge Coulombe de l'Université d'Ottawa, que le Canada ait « un déficit de 4 milliards ou un surplus de 4 milliards, en économie ça ne change rien ».

Voilà tout un défi, alors que l'équipe de Thomas Mulcair se base sur une augmentation des dépenses de 11 milliards de dollars d'ici quatre ans pour financer, entre autres, son programme universel de garderie.

Le NPD affirme qu'il arrive à un surplus même en utilisant les données du Directeur parlementaire du budget.

Les néo-démocrates comptent par ailleurs sur une hausse de 2 points de pourcentage de l'impôt des sociétés pour augmenter les revenus de plus de 3,5 milliards de dollars annuellement. Or, certains économistes, dont le professeur Jack Mintz de l'Université de Calgary, disent que cette mesure pourrait entraîner la perte de 150 000 emplois.

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