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« Le Canada devrait en faire plus », selon le haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU

Le haut-commissaire aux réfugiés des Nations unies, Filippo Grandi, était de passage à Montréal vendredi. Il a salué les efforts du Canada en matière d'accueil, mais tout en soulignant que le pays pourrait en faire davantage.

Un texte de Michel Marsolais

Filippo Grandi a écouté avec intérêt des témoignages au Centre des réfugiés de Montréal avant de se rendre à Ottawa en début de semaine. Le haut-commissaire de l'ONU a maintes fois souligné le leadership du Canada dans l'accueil des réfugiés mais, cette fois, avec quelques bémols.

Les Nations unies estiment qu'il y aurait près de dix millions d'apatrides et de réfugiés dans le monde en quête d'une nationalité. Les pays industrialisés n'en accueillent qu'une infime partie.

« Les besoins de réinstallations sont énormes. Et on demande à tous les pays, et au Canada, de faire plus. Je pense que tous les pays qui ont les moyens de faire plus devraient le faire. Si vous prenez l'ensemble des réfugiés dans le monde, c'est moins de 1 % qui est réinstallé dans les pays plus riches », explique Filippo Grandi.

Dans les limites de ses nouveaux seuils d'immigration, le Canada augmentera graduellement le nombre de réfugiés qu'il accueille. Leur nombre passera de 43 000 à 53 000 en 2020. Mais la plupart viendront grâce à des parrainages privés. Le nombre de réfugiés parrainés par l'État reste à peu près le même.

De plus, les États-Unis, autrefois une des principales terres d'accueil, viennent de réduire de moitié le nombre de réfugiés qu'ils accueilleront sur leur territoire.

La plupart dans des pays pauvres

Plus de 90 % des réfugiés vivent actuellement dans des pays pauvres, souvent dans des camps limitrophes de zones de conflits. C'est le cas du Bangladesh qui accueille des milliers de Rohingyas qui fuient le Myanmar ou des pays du Moyen-Orient qui accueillent la majorité des réfugiés syriens.

Mais la résolution des conflits qui déplacent des populations entières ne semble pas faire de progrès.

« Les conflits qui surgissent se multiplient et surtout durent. J'étais hier à New York devant le Conseil de sécurité et je leur ai dit : Est-ce qu'on est devenus incapables de faire la paix? », déplore le haut-commissaire de l'ONU.

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