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Le Canada veut inclure le bois d'oeuvre dans l'ALENA

Si Donald Trump veut renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à l'avantage des États-Unis, le Canada tentera lui aussi de faire des gains avec une nouvelle entente. C'est pourquoi Ottawa demandera que soit inclus le bois d'oeuvre dans un ALENA 2.0.

Un texte de Mathieu Gohier

En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a estimé que le Canada devait lui aussi pouvoir tirer profit d'une refonte de cet accord, entré en vigueur en 1994.

« L'enjeu du bois d'oeuvre est un des plus importants dans nos relations commerciales avec les États-Unis. Mais je suis réaliste et je comprends que c'est un enjeu historiquement très très difficile. Dans cette ère protectionniste avec Trump, ce sera un enjeu même plus difficile », reconnaît la ministre.

Depuis la fin – l'automne dernier – de l'entente canado-américaine sur le bois d'oeuvre, c'est toute l'industrie qui retient son souffle en prévoyant une nouvelle guerre tarifaire.

Le gouvernement canadien a déjà indiqué à la nouvelle administration américaine qu'il n'acceptera pas un accord au désavantage de son industrie, qui emploie, au Québec seulement, 60 000 travailleurs.

Le défi pour Mme Freeland sera de faire comprendre aux Américains qu'ils n'ont pas intérêt à surtaxer le bois canadien.

La nouvelle administration a annoncé un très grand programme d'infrastructure et nous devons aussi nous rappeler que les États-Unis ont besoin de notre bois d'oeuvre.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

Mme Freeland ajoute que le fait que le président américain a fait fortune dans l'immobilier pourrait être un avantage.

Pas de compromis sur la torture

Donald Trump indiquait cette semaine vouloir « combattre le feu par le feu » en réintégrant la torture comme outil de lutte au terrorisme. La réponse du Royaume-Uni ne s'est pas fait attendre : la première ministre Theresa May a indiqué que son pays pourrait cesser de partager des renseignements avec son allié américain s'il avait recours à ces méthodes.

Dans un tel contexte, la ministre a tenu à répéter son opposition catégorique à la torture.

« Le Canada est contre la torture pour des raisons morales et éthiques, mais aussi pour des raisons pratiques, parce que nous comprenons que la torture n'est pas une méthode efficace », soutient-elle.

Le pays cesserait-il de divulguer de l'information avec son voisin si celui-ci avait recours par exemple à la simulation de noyade (waterboarding)? La ministre répond qu'il faudra voir quelle position adopte le cabinet du président Trump. Le président a en effet indiqué qu'il laisserait à son secrétaire à la Défense, James Mattis, le soin de trancher sur le recours à la torture. Celui-ci a déjà indiqué qu'il ne croyait pas à l'efficacité de celle-ci.

Un gouvernement sans plan face à Trump, selon le NPD

À la veille de la rentrée parlementaire à Ottawa, les partis d'opposition fourbissent eux aussi leurs armes. Les néo-démocrates entendent talonner le gouvernement libéral sur ses positions face à l'administration Trump.

Déjà, le chef du NPD, Thomas Mulcair, reproche à Justin Trudeau son manque de vision claire sur l'ALENA.

« M. Trudeau a dit que tout est sur la table, mais est-ce que ça peut affecter des emplois? On n'en sait rien. On demande à M. Trudeau de faire au moins la même chose que M. Trump pour le Canada, c'est-à-dire de se tenir debout pour nous », dit-il.

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