Les rumeurs d'un possible retour en politique de l'ex-chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau, qui a ouvert la porte à cette éventualité en entrevue à Radio-Canada, ont été au menu du caucus du PQ, mercredi à Shawinigan.

« Pour l’instant, c’est non [il ne veut pas revenir]. Mais de toute évidence, il y a une campagne familiale [pour qu’il revienne]. Mais s’il veut faire partie de l’équipe du PQ, on va lui trouver un comté », a avoué Jean-François Lisée en entrevue avec Patrice Roy à ICI RDI, en fin de journée mercredi.

Le chef du PQ s’est dit « très positif » face à cette rumeur, lui qui savait que M. Péladeau avait réglé les problèmes de garde de ses enfants qui lui avaient fait quitter la vie politique. Il ne savait pas, par contre, que sa plus jeune fille l'encourageait à revenir.

Questionné à savoir si ce n’était pas un peu étrange qu’un ancien chef revienne aussi rapidement au sein de la formation politique qu’il a quittée, Jean-François Lisée a rappelé les mots de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau au moment où il l’a embauché dans son cabinet et qui disait « ne pas avoir l’habitude de s’entourer de nouilles ».

Le chef du PQ a par ailleurs balayé du revers de la main les analyses de commentateurs politiques stipulant que PKP puisse prendre sa place d’ici la campagne si le parti venait à s’effondrer en bas des résultats actuels. M. Lisée maintient qu'il sera chef aux prochaines élections.

« Moi, ce qui m’étonne, c’est que des gens qui savent, qui ont vu toutes les élections récentes, ça se décide pendant la campagne électorale. Il y a très peu de gens qui étaient premiers dans les sondages, à Montréal, au Canada, aux États-Unis, en France, qui sont arrivés premiers à l’élection. Alors, de constamment revenir là-dessus, ça m’étonne. Je ne trouve pas ça très sérieux comme analyse », a répondu M. Lisée.

Quant à eux, les députés péquistes se disent tous en faveur du retour de M. Péladeau comme candidat.

« Tous les Québécois qui veulent participer au Parti québécois, on est très heureux d’avoir leur contribution. Pierre Karl est certainement quelqu’un d’intéressant », a affirmé Diane Lamarre, députée de Taillon.

« Je pense que tous les éléments progressistes sont les bienvenus au PQ et surtout pour mettre l’accent sur la social-démocratie et l’importance d’être un pays normal », a déclaré de son côté le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron.

Camil Bouchard, conseiller du PQ en matière de famille et d'enfance

Au-delà des rumeurs entourant PKP, le PQ a tenu à souligner quelles sont ses priorités en présentant son nouveau conseiller à l'éducation, à la famille et à l'enfance : l'ancien député péquiste et spécialiste du domaine Camil Bouchard.

M. Bouchard, qui sera conseiller bénévole pour le parti, dit avoir accepté l’offre après avoir observé une importante dégradation des services offerts aux Québécois au cours des années.

M. Bouchard affirme que le Québec doit redevenir un État « vigilant et bienveillant » et que « ça commence à presser ».

Le Parti québécois présentera officiellement jeudi les mesures qu’il propose pour la famille et l’enfance.

Un ennemi : la CAQ

La conférence de presse donnée par le chef du Parti québécois et Camil Bouchard a aussi été l’occasion de tirer sur la Coalition avenir Québec (CAQ), au premier rang dans les sondages, et son projet d’instaurer des maternelles 4 ans pour tous les enfants québécois.

Ces maternelles, dit M. Lisée, « on n’en a pas besoin et les écoles ne seront même pas capables de les accueillir ».

Selon Jean-François Lisée, bien qu’elles aient leur raison d’être dans les milieux défavorisés, les maternelles 4 ans sont inutiles ailleurs et ne serviront qu’à « sortir les enfants d’un milieu de qualité [les CPE] pour les amener à l’école maternelle ».

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