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Le Comité des langues officielles parle de « besoins criants, criants, criants » en petite enfance

Le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes a tenu à Winnipeg sa dernière rencontre traitant de services à la petite enfance dans la langue de la minorité. Les députés ont entendu les représentants franco-manitobains et fransaskois, pour qui il s'agissait d'une occasion unique d'exposer leurs griefs.

La réalité de l’accès à des services pour la petite enfance en français, dans ces provinces, est délicate.

Des listes d’attente interminables, une profession dévalorisée, des fonds insuffisants… Le président du Conseil des écoles fransaskoises, Alpha Barry, a résumé la situation en intitulant son mémoire : À l’aide.

Ce cri du coeur semble avoir été entendu, à écouter les réactions de participants au sortir de l’audience. « Il y avait un intérêt réel à voir comment le gouvernement fédéral pourrait mieux appuyer la petite enfance », a déclaré la directrice générale de la Fédération des parents du Manitoba, Brigitte L’Heureux.

Juliette Chabot, de la garderie Les Chouettes de Lorette, a pu verbaliser les enjeux au rural : « C’est surtout nos listes d’attente qui sont énormes. L’autre défi c’est de toujours franciser nos familles exogames [qui sont] environ 70 %. »

Mélanie Cwikla, la directrice de l’École technique et professionnelle de l’Université de Saint-Boniface, constate que la situation peu reluisante de la francophonie dans les provinces de l’Ouest est entendue par les membres du comité. « Ils comprennent très bien que la question des francophones et des minorités ce n’est pas une question de couleur politique mais bien une question de qui nous sommes. Alors, j’étais très heureuse d’entendre ce message-là. »

Le député du Nouveau Parti démocratique, François Choquette, a déclaré : « C’est un contexte d’urgence, les besoins sont énormes, c’est incroyable. L’assimilation est à nos portes si on ne fait rien. La petite enfance, il faut absolument en prendre soin, il faut absolument qu’on s’occupe du 0-5 ans, on peut pas les laisser comme ça. La responsabilité du fédéral est évidente alors il faut entrer en action. Espérons que les recommandations seront écoutées par le gouvernement. »

C'est un avis partagé par le libéral Denis Paradis, président du comité. « Quand on parle de francophonie, quand on parle de vitalité de nos communautés, ça commence à la petite enfance, et les besoins sont criants, criants, criants. C’est un cri d’alarme que les groupes nous lancent aujourd’hui. »

Les députés ont également entendu un autres message. « Ce qui ressort partout, c’est de demander : Quand vous donnez de l’argent, Ottawa, pour la petite enfance, assurez-vous donc que la Province ne l’utilise pas à d’autres fins, explique Denis Paradis. Ça, ça nous revient d’un bout à l’autre du pays. »

Le rapport du comité sera remis en Chambre avant l’été, espère Denis Paradis. Le gouvernement fédéral aura ensuite 60 jours pour y répondre.

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