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Le corps à Ottawa et Gatineau, mais la tête en Syrie

Les réactions sont vives à Ottawa et Gatineau face aux frappes aériennes menées en Syrie par les forces armées américaine, française et britannique vendredi.

Ils étaient des dizaines, en colère, rassemblés samedi après-midi devant l'ambassade américaine à Ottawa pour condamner ces frappes sur des cibles situées à Damas et Homs.

Christian Legeais, porte-parole de Nowar-Paix, faisait partie de ceux-là.

« Il n’y a absolument rien qui a été prouvé, les équipes d'enquête sur les armes chimiques arrivent en Syrie et déjà les États-Unis ont lancé leurs frappes vendredi », a déploré M. Legeais.

Kevin Skerrett, porte-parole pour Solidarité Ottawa, est d’avis que le premier ministre Justin Trudeau fait fausse route en appuyant la coalition.

« On est choqué par l’appui de Justin Trudeau, c’est une attaque qui n’a pas l’accord de la communauté internationale et des Nations unies. C’est illégal à notre avis », a déclaré M. Skerrett.

Des réfugiés syriens organisent une collecte de sang

Au même moment, à la Société canadienne du sang, des réfugiés syriens sont venus faire des dons pour remercier les Canadiens de leur accueil au cours des derniers mois. L’initiative des réfugiés syriens pour remercier le Canada avait lieu un peu partout au pays.

Selon l'un des organisateurs de l'événement, Nour Sakhniya, une grande majorité de Syriens au Canada sont attristés par les événements violents qui se déroulent dans leur pays d'origine, où se trouvent leurs amis, leur famille et leurs souvenirs.

« Mais c'est une raison de plus de donner du sang. En voyant toute cette souffrance, ça nous pousse à être encore plus humains et à faire plus pour nos communautés », a estimé M. Sakhniya.

L’étudiante Douaa Amir donnait du sang pour la première fois de sa vie, samedi. « Je me sens nerveuse, mais au moins je peux redonner aux Canadiens qui ont tant fait pour les réfugiés syriens », a-t-elle dit.

De l'autre de côté de la rivière

Ce jour-là, le Centre islamique de l'Outaouais a organisé une journée portes ouvertes pour rapprocher les communautés. Les frappes en Syrie étaient dans tous les esprits.

Hayet Laggoune, présidente du Centre islamique de l'Outaouais, a eu le coeur déchiré en voyant les images de bombardements.

« Je ne peux pas comprendre. Franchement, c'est une situation très dure pour nous comme pour ceux qui la vivent », a jugé Mme Laggoune.

Jacques Laberge, porte-parole des Comités de soutien auprès des réfugiés syriens accueillis à Gatineau, passe par toute la gamme d’émotion depuis le début des bombardements de la coalition.

Pour sa part, Ahmed Limame, imam du Centre islamique de l'Outaouais, garde espoir.

« Au bout du tunnel, il y a la lumière et j'espère qu'un jour nous allons voir la paix et la liberté dans ce pays », a souhaité M. Limame.

L'espoir est mince et fragile, mais l'imam souligne le geste du gouvernement canadien qui a su faire une place, en pleine crise, à des milliers de réfugiés syriens pour leur offrir un avenir meilleur.

Avec les informations de Florence Ngué-No et Roxane Léouzon

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