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Le départ de Donald Arseneault fragilise les libéraux

Donald Arseneault a choisi : il démissionne de son poste de député. La majorité du gouvernement libéral à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick dépend désormais de seulement deux sièges, une majorité très fragile qui pourrait mener à des élections anticipées, selon le politologue Roger Ouellette,

Un texte d'Anaïs Brasier

Donald Arseneault avait trois possibilités : quitter son poste aux Syndicats des métiers de la construction du Canada (SMCC) pour demeurer au caucus libéral, devenir député indépendant et conserver son poste dans le secteur privé ou quitter ses fonctions politiques. Il a choisi cette dernière option, ce qui a des conséquences importantes pour les libéraux à l’Assemblée législative.

Les libéraux sur « la corde raide »

En 2014, les libéraux ont obtenu une majorité de seulement trois sièges à l’Assemblée législative. Avec le départ de Donald Arseneault, ils passent de 26 députés à 25, contre 22 progressistes-conservateurs et 1 vert.

La nouvelle donne annonce une quatrième année de mandat « intense » pour le parti de Brian Gallant, selon Roger Ouellette.

S’il y a égalité des voix lors d'un vote, le président peut trancher. Par contre, la majorité des libéraux peut être compromise si un ou plusieurs députés doivent s’absenter au moment d'un vote important. Le gouvernement pourrait alors perdre un vote de confiance et des élections générales anticipées seraient alors déclenchées. Le prochain vote de confiance portera sur le budget et a normalement lieu au printemps, précise Roger Ouellette.

Les coûts d’une élection partielle

Selon la Loi électorale du Nouveau-Brunswick, des élections partielles doivent être tenues dans Campbellton-Dalhousie six mois au plus tard après le départ de Donald Arseneault, le 30 novembre.

Mais des élections partielles coûtent cher et d'en déclencher pourrait être difficile à justifier à quelques mois des élections générales prévues pour l’automne 2018. Selon Roger Ouellette, cette conjoncture pourrait encourager le gouvernement à déclencher des élections anticipées.

La loi qui oblige le gouvernement de tenir des élections à date fixe n’empêche pas de déclencher des élections anticipées, toujours selon le politologue.

« La loi dit qu’on a des élections aux quatre ans, mais la vraie loi c’est la Constitution qui dit qu’une législature ne peut pas durer plus que cinq ans. »

Enfin, Roger Ouellette rappelle que d’autres députés ont parlé de leur intention de quitter la vie politique. « On peut parler de monsieur Boudreau, on peut parler du Dr Doherty. Est-ce que ces gens vont avoir des offres d’emploi eux aussi? Est-ce qu’ils vont avoir envie de rester jusqu’au bout? »

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