Dans une longue lettre adressée aux médias, le député Chris Collins, au coeur d'une tempête politique depuis le 5 avril, a annoncé qu'il siègerait en tant que député indépendant pour le reste de son mandat. Des élections sont prévues pour l'automne prochain.

Dans sa lettre, M. Collins indique qu'il était clair qu'il ne lui était plus jamais possible de mettre son nom et sa réputation au service du chef libéral Brian Gallant. « Je veux mettre les choses au clair. Je n'offrirai pas mes services au Parti libéral du Nouveau-Brunswick lors des prochaines élections. »

M. Collins a affirmé avoir demandé au greffier de l'Assemblée législative de déplacer son siège du côté de l'opposition, où il finirait son mandat à titre de député indépendant. Il n'a pas indiqué, toutefois, s'il avait l'intention de poser sa candidature pour un autre parti ou à titre d'indépendant.

Possible poursuite

Chris Collins a qualifié les agissements du premier ministre de « rien de moins qu'atroce ». Il mentionne la manière dont Brian Gallant a agi pendant et après la soirée du 5 avril, où il avait convié les médias à une conférence téléphonique urgente dans laquelle les allégations de harcèlement avaient été mises au jour et où il avait exclu M. Collins du caucus libéral.

Pour les raisons qu'il mentionne, M. Collins dit avoir demandé à ses conseillers d'entamer des démarches judiciaires pour libelle et diffamation.

Allégations de harcèlement

On peut lire dans la lettre adressée aux médias que M. Collins a appris que des allégations de harcèlement pesaient contre lui dans une rencontre « surprise et intimidante » au même moment où le premier ministre parlait avec les médias.

La nature du harcèlement dont est accusé Chris Collins demeure floue.

Le Comité d'administration de l'Assemblée législative s'est entendu le 9 avril pour recruter un enquêteur indépendant pour faire la lumière sur cette histoire.

Gouvernement minoritaire

En se plaçant du côté de l'opposition jusqu'à la fin de son mandat, M. Collins place le gouvernement dans une situation minoritaire. En effet, l'opposition, incluant les Partis vert et progressiste-conservateur et M. Collins comme indépendant cumulent 24 sièges. Le gouvernement possède également 24 sièges.

« Je réalise qu'avec cette action, le gouvernement Gallant se retrouve de facto en situation de gouvernement minoritaire », peut-on lire dans la lettre.

Jeudi soir, M. Collins a refusé de commenter davantage sa lettre aux médias.

Brian Gallant réagit

Le premier ministre Gallant a réagi par courriel à la lettre de M. Collins. Il a expliqué que Chris Collins avait toujours été un représentant passionné pour ses électeurs, mais que son parti allait chercher un candidat fort pour la circonscription de Moncton-Centre d'ici l'élection de l'automne.

« Assurer un milieu de travail sain et sans harcèlement est de la plus haute importance. C'est pour cette raison que nous prenons très au sérieux les allégations de cette teneur. Nous voulons offrir à toutes les parties dans cette histoire le traitement le plus juste possible et pour cette raison, je m'abstiendrai de tout autre commentaire », a déclaré Brian Gallant.

Avec les informations de Michel Corriveau et de Jacques Poitras

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