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Le député Claude Surprenant est contredit par les règles de l'Assemblée nationale

Les règles de l'Assemblée nationale interdisent à un député d'accorder un contrat à sa conjointe à partir des fonds publics dont il dispose, contrairement à ce que Claude Surprenant a soutenu cette semaine avant d'être exclu du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

L'institution a invoqué les privilèges parlementaires pour refuser de confirmer ou d'infirmer un remboursement des honoraires de 715 $ à la conjointe du député de Groulx pour l'aménagement de son bureau de circonscription, en 2014.

Une porte-parole de l'Assemblée nationale, Noémie Cimon-Mattar, a cependant indiqué, sans référence directe au cas de M. Surprenant, qu'un tel remboursement est interdit par les dispositions du Code d'éthique et de déontologie des députés.

« C'est pourquoi l'Assemblée nationale, lorsqu'elle est informée d'une telle situation, ne rembourse pas la réclamation d'un député », a-t-elle écrit dans un courriel.

M. Surprenant a refusé une demande d'entrevue pour expliquer quelles informations ont été transmises au moment de la réclamation.

« En tout respect, je souhaite vous indiquer que j'ai pris la décision, mercredi après-midi, de m'en tenir à répondre en toute transparence au commissaire à l'éthique sur toute question relative à la gestion du bureau de comté de Groulx et vais m'en tenir à cela », a-t-il répondu par courriel.

Des versions divergentes

Lundi, lorsqu'il nageait en pleine controverse, M. Surprenant avait pourtant assuré que la demande de remboursement était très claire.

« On a présenté la facture à l'Assemblée nationale tout en déclarant qu'il s'agissait de ma conjointe, avait-il dit. Comme il s'agissait d'une compétence spécifique reliée à ma conjointe, ils ont accepté qu'elle soit payée. »

Une ex-attachée politique du député, Julie Nadeau, a déclaré mercredi à La Presse canadienne que l'institution n'a, à sa connaissance, jamais été informée que Martine Duguet, qui avait obtenu ce contrat, était la conjointe de M. Surprenant.

Mme Nadeau, qui a multiplié les révélations fracassantes sur la gestion du député, a affirmé que cette relation n'est jamais apparue dans les documents transmis.

L'Assemblée nationale ne savait pas que c'était sa femme, quand j'ai fait la réclamation de 715 $, a-t-elle dit. Ce n'était écrit nulle part sur le rapport de frais, ou quand j'ai transféré la facture, que c'était la conjointe du député.

Julie Nadeau, ex-attachée politique de Claude Surprenant

Exclu temporairement du caucus de la CAQ

Le chef caquiste François Legault a annoncé, mardi, que le député était exclu temporairement de son caucus d'ici la fin d'une enquête du commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, sur diverses dépenses qui suscitent des interrogations.

M. Legault a pris cette décision après avoir appris du personnel caquiste que M. Surprenant n'avait pas été vu à l'Assemblée nationale, en août 2015, alors qu'il a pourtant réclamé des frais d'hébergement pour sa famille et lui.

À la demande de l'Assemblée nationale, M. Surprenant a dû faire un remboursement de 150 $ pour une des deux chambres qu'il avait prises, les règles n'en autorisant qu'une seule.

Mme Nadeau a affirmé en entrevue que le cabinet du secrétaire général de l'Assemblée nationale, Michel Bonsaint, s'était plaint de l'insistance déplacée du député à obtenir ce qu'il voulait, malgré le refus de la direction des ressources financières.

M. Surprenant, qui faisait le guet devant le cabinet du plus haut responsable administratif, a réussi à se faire entendre, non sans faire un accroc au décorum exigeant une prise de rendez-vous, a indiqué l'ex-attachée politique.

« Je me suis fait appeler par l'adjointe de Michel Bonsaint qui m'a dit que c'était un petit peu intense et que la prochaine fois ce serait une lettre écrite de Michel Bonsaint à la whipperie pour qu'il cesse ses courriels nombreux et arrête de courir après lui dans les couloirs de l'Assemblée nationale », a-t-elle dit.

M. Surprenant a également remboursé à l'Assemblée nationale 487 $ à la suite d'une fausse déclaration de frais de déplacement, alors qu'il effectuait du covoiturage avec un autre député.

Mme Nadeau s'est réjouie du fait que le commissaire à l'éthique se penche sur les dépenses de M. Surprenant, qui accuse son ex-attachée d'avoir détourné 9500 $ du budget de fonctionnement de son bureau de circonscription.

« Je suis vraiment contente qu'il y ait une analyse complète du dossier », a-t-elle dit.

Mme Nadeau a nié toute malversation concernant l'utilisation de 21 chèques faits à son nom durant la période où elle était présente au bureau du député, en 2014 et 2015.

« Je ne sais pas comment j'aurais fait pour tricher à ce point-là », a-t-elle dit.

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