Après plus de six ans à Queen's Park, le député provincial de Glengarry-Prescott-Russell, Grant Crack, tire sa révérence.

Un texte de Denis Babin

Il en a fait l’annonce jeudi matin par voie de communiqué.

« Il y a deux semaines, j’ai rencontré la première ministre [Kathleen Wynne] pour lui indiquer que je ne serai pas candidat lors des prochaines élections provinciales », a raconté le député lors d’un entretien téléphonique.

L’homme de 55 ans a longuement mûri sa décision en consultant ses proches, dont sa conjointe Kelly, au cours de la dernière année.

« J’ai 55 ans. J’ai encore beaucoup à offrir. […] Je suis très heureux d’avoir pris cette décision. […] C’est le temps de rentrer à la maison », confie-t-il.

S’il songeait à tirer un trait sur sa carrière politique depuis plusieurs mois, pourquoi a-t-il alors choisi de défendre de nouveau les couleurs du Parti libéral lors de l’assemblée d’investiture de la circonscription le 28 janvier dernier?

« Les jours qui ont suivi l'assemblée d'investiture m’ont fait réfléchir sur les choses à venir. Que me réserve l'avenir? […] J’en suis arrivé à la conclusion que je voulais faire quelque chose de différent. Ça va permettre de renouer des liens avec les membres de ma famille, mes amis », confie celui qui est deux fois père et trois fois grand-père.

Grant Crack le dit à qui veut l’entendre : la perspective de se retrouver sur les banquettes de l’opposition en juin prochain n’a « absolument » rien à voir avec sa décision.

« En réalité, je crois que nous [les libéraux] serons reportés au pouvoir. Je suis convaincu que nous allons remporter Glengarry-Prescott-Russell. Surtout avec la direction que le chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Doug Ford, veut prendre », croit le député.

Grant Crack entend bien donner un coup pouce au candidat qui le remplacera lors de la prochaine campagne électorale.

Mais son retrait de la vie politique active semble définitif. Il ne laisse même pas la porte entrouverte.

« À court terme, ça va me faire plaisir de demeurer impliqué, dans une certaine mesure, sur la scène politique. Mais est-ce que j’envisage de tenter ma chance ailleurs, que ce soit au niveau municipal ou fédéral? Non », conclut celui qui a aussi été maire d'Alexandria, puis de Glengarry-Nord pendant plus d'une dizaine d'années.

Pierre Leroux pressenti pour remplacer Grant Crack

Même si la date de l’assemblée d’investiture libérale n’a pas encore été déterminée, les choses se bousculent dans le petit monde politique est-ontarien jeudi matin.

Quelques minutes après que le député provincial de Glengarry-Prescott-Russell, Grant Crack, eut annoncé son départ de la vie politique, le maire de Russell, Pierre Leroux, a signalé son intérêt pour le remplacer.

Joint au téléphone, ce dernier a expliqué avoir été pressenti par le député provincial pour défendre les couleurs libérales lors des élections générales ontariennes le 7 juin prochain.

Assez curieusement, des membres de l’Association progressiste-conservatrice de Glengarry-Prescott-Russell ont aussi sondé l’intérêt de Pierre Leroux dans la foulée de la victoire de Doug Ford à la course à la chefferie du parti en mars dernier.

« C’était un peu drôle. Finalement, ils [les progressistes-conservateurs] ont décidé de ne pas rouvrir la nomination. […] Je suis pas mal fier d’avoir été approché par les deux partis », a indiqué le principal intéressé qui se décrit comme « socialement libéral », mais « fiscalement conservateur ».

Dans l’éventualité où Pierre Leroux remporte l’investiture libérale, il sera opposé à quelqu’un de très familier, c’est-à-dire la conseillère Amanda Simard, elle aussi membre du conseil municipal de Russell.

Rappelons que la candidature de la jeune femme d’Embrun a été imposée par l’ancien chef progressiste-conservateur Patrick Brown en 2016.

Comment Pierre Leroux entrevoit-il un tel affrontement s’il est désigné candidat par le Parti libéral?

« Ça ne fait pas de différence. C’est toujours une possibilité, mais je ne vais jamais mélanger les deux [les affaires municipales et la campagne électorale]. Je suis capable de faire la part des choses », indique l’homme de 42 ans.

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