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Le fédéral veut démolir le site de la caserne de Kapyong

Dans une lettre envoyée aux résidents du quartier environnant, le secteur Kenaston-Tuxedo, le ministère de la Défense nationale propose de démolir tous les bâtiments qui sont sur le site, « dans le but de réduire les responsabilités associées aux infrastructures en détérioration », et pour permettre le « développement futur des terres ». Cela inclut des édifices, routes, terrains de stationnements, et les infrastructures hydro-électricité, de gaz et d’eau.

« Les activités de démolition impliqueront des méthodes et un équipement appropriés pour manipuler et éliminer toutes les matières dangereuses, et le recyclage de tous les matériaux des bâtiments lorsque c’est possible », précise la lettre.

Une source de tensions depuis plus de 10 ans

La base militaire de Kapyong est fermée depuis l'automne 2004, lorsqu’elle a été déclarée terre excédentaire par le fédéral et que les militaires se sont installés à la base de Shilo, dans l’ouest de la province. En 2007, le Conseil du trésor avait approuvé le transfert des terres à la Société immobilière du Canada, qui a pour mandat de les vendre.

Cependant, sept Premières Nations du Manitoba ont contesté la décision, réclamant que le terrain de 64 hectares leur soit vendu en vertu du Traité no 1, datant de 1871. Le traité leur confère le premier droit de refus sur n'importe quelle propriété de la Couronne qui est déclarée excédentaire.

En 2009, un juge de la Cour fédérale a donné raison aux Premières Nations et a invalidé la cession du terrain à la Société immobilière du Canada, arguant que les plaignants n'avaient pas été suffisamment consultés. La décision a été portée en appel plusieurs fois par le gouvernement fédéral.

Puis en août 2015, la Cour d'appel fédérale a statué que le gouvernement canadien n'a pas consulté les Premières Nations adéquatement à propos de la vente. Le fédéral n’a pas porté cette décision en appel.

Depuis, les discussions se poursuivent entre un groupe Premières Nations qui voudrait transformer le terrain en réserve urbaine. Des différends politiques entre ces Premières Nations perturbent toutefois les négociations.

Démolition dès 2017

Le ministère de la Défense nationale souhaite entamer son projet de démolition dès 2017. Le processus s’étalera ensuite sur plusieurs années, en plusieurs phases. Le fédéral fera aussi une évaluation environnementale pour analyser les « effets environnementaux néfastes potentiels ».

Dans sa lettre d’information, le gouvernement invite les propriétaires de résidences dans le quartier à soumettre par courriel leurs questions ou commentaires sur ce processus, jusqu’au 16 décembre.

Sharon Hamilton, une résidente du secteur, est soulagée par ce projet. « Bien sûr, on est aussi en colère qu’ils aient dépensé tant d’argent pour maintenir le site sans but […], mais je suis contente qu’ils aillent de l’avant dans l’objectif de faire développer le site. Il y a plus de chances d’attirer des promoteurs si les promoteurs n’ont pas besoin de venir et tout démolir eux-mêmes », dit-elle.

Elle craint aussi qu’il y ait des problèmes d’amiante et de moisissures à cet endroit, et espère que ce sera traité dans le processus de nettoyage.

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