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Le futur pavillon de HEC Montréal fait réagir la concurrence

Des voix s'élèvent pour dénoncer l'investissement de 94 millions de dollars du gouvernement du Québec pour construire un nouveau pavillon de HEC Montréal au centre-ville.

L'École des sciences de la gestion (ESG) de l'UQAM et l'Union étudiante du Québec y voient toutes deux un gaspillage de fonds publics.

Le doyen de l'ESG, Stéphane Pallage, estime que rien ne justifie la présence d'une quatrième école de gestion au centre-ville, puisque l'UQAM, Concordia et McGill en ont déjà chacune une.

« Nous couvrons très, très bien le marché. Il n'y a aucun programme dans le projet de HEC Montréal que nous n'offrions déjà ou que nous ne serions en mesure d'offrir nous-mêmes, à moindre coût que 94 millions de dollars », dit-il.

L'Union étudiante du Québec, qui regroupe une quinzaine d'associations étudiantes, trouve aussi que cet argent serait mieux dépensé autrement. « Évidemment, ça fait un acteur de plus pour un même bassin d'étudiants, d'étudiantes. Mais aussi, au cours des dernières années, on a subi plusieurs coupes, c'est là où on se demande si la priorité ne devrait pas être ailleurs qu'à bâtir de nouveaux pavillons », affirme le président de l'association, Nicolas Lavallée.

De son côté, HEC Montréal dit manquer de place dans le pavillon actuel parce que sa population étudiante a bondi de 60 %. La construction du nouveau bâtiment réglerait un déficit d'espace de quelque 18 000 mètres carrés.

« On va localiser là des programmes très spécifiques, très distinctifs, qui s'adressent principalement à des professionnels en exercice. Les gens vont pouvoir marcher pour prendre ces cours. On n'a pas besoin de "voler" des gens qui iraient ailleurs. Nos programmes sont suffisamment distinctifs pour qu'ils attirent les personnes qui ont des besoins spécifiques. Moi, je souhaite bonne chance aux autres qui ont des projets », réplique le directeur de HEC, Michel Patry.

Le nouveau bâtiment sera érigé sur la rue de la Gauchetière, juste à côté de la basilique Saint-Patrick, entre la côte du Beaver Hall et la rue Saint-Alexandre.

Cette annonce survient alors que Québec s'apprête à mettre en place un Conseil des universités qui aura pour mandat de se prononcer sur les multiples délocalisations qui intensifient la concurrence entre les établissements d'enseignement supérieur.

Avec les informations de René Saint-Louis

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