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Le G7 est important pour créer une « économie qui fonctionne pour tous », croit Trudeau

Le premier ministre Trudeau est à Québec jeudi pour discuter avec les chefs d'entreprises des pays du G7, en prévision du sommet qui se tiendra à Charlevoix en juin prochain. Il a réitéré les priorités canadiennes, notamment sur l'égalité des sexes, mais a aussi souhaité que les discussions de Charlevoix mènent à la création d'une « économie qui fonctionne pour tous ».

Un texte de Xavier Savard-Fournier

Avec le commerce international et Internet, le premier ministre Trudeau, qui est au sommet d'affaires du B7, est d’avis que les PME peuvent développer de nouveaux marchés outre-mer, mais que ces occasions doivent être créées par les dirigeants mondiaux.

« Pour contrer la montée du protectionnisme et du nationalisme comme on le voit dans certains coins du monde, nous nous devons de parler et de démontrer que les gens peuvent avoir confiance en l’avenir. C’est une occasion pour nous tous de nous rassembler là-dessus », explique-t-il.

Le premier ministre a aussi appelé à une stratégie à long terme pour les entreprises du monde qui font face à de nouveaux défis liés à la mondialisation.

Il a reconnu également qu’un intérêt particulier devait être porté aux « travailleurs qui s’inquiètent et qui ont peur d’être laissés de côté dans la nouvelle économie mondiale ». Un défi auquel font face tous les membres du G7.

Cet appel vient rejoindre les préoccupations du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sur les « effets de cette 4e révolution industrielle ». Il croit que tous ne bénéficient pas de cette nouvelle prospérité, surtout les populations moins scolarisées, plus vulnérables et qui « parfois doivent carrément réorienter leurs activités. »

« Notre rôle c’est d’apporter le leadership, de créer le contexte qui permettra d’orienter le changement vers les destinations positives », a-t-il ajouté.

M. Couillard espère que les membres du G7 se commettront sur les questions d'éducation, mais aussi sur la formation continue des travailleurs.

Dans un bref discours, jeudi matin, devant des personnalités du monde des affaires, Justin Trudeau a aussi tenu à rappeler les priorités canadiennes au cœur des cinq grands thèmes du prochain G7, soit investir dans une croissance économique qui profite à tout le monde, se préparer aux emplois de l’avenir, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, travailler ensemble à l’égard des changements climatiques, des océans et de l’énergie propre, et construire un monde plus pacifique et plus sûr.

L’ALENA en trame de fond

Difficile de parler d’économie mondiale sans que la question des négociations entourant l’ALENA ne refasse surface.

Le premier ministre Trudeau considère que les négociations sont dans un « momentum positif ».

« On voit clairement que les occasions pour renforcer l’Amérique du Nord comme espace de commerce uni sous l’ALENA sont positives, surtout quand on regarde les défis, comme la Chine, auxquels les Américains font face », a présenté Justin Trudeau.

Il admet qu’il serait très intéressant si quelque chose pouvait être annoncé au prochain sommet des Amériques qui se tiendra les 13 et 14 avril prochain à Lima, au Pérou, sachant que les élections à venir au Mexique et aux États-Unis mettent de plus en plus de pression sur les négociations.

Rembourser le Québec en cas de grabuge

Interrogé à savoir s’il remboursera le Québec en cas de grabuge lors du G7 en juin prochain, le premier ministre a fait savoir que des discussions étaient déjà en cours avec le gouvernement provincial et que les deux paliers de gouvernement travaillaient sur une entente.

Il n’a cependant pas explicitement dit que le Canada rembourserait le Québec ou la Ville de Québec, se contentant de dire que « le G7 est de responsabilité fédérale ».

Sur la question de la sécurité, le premier ministre Trudeau a aussi exprimé son désir que tous puissent faire valoir leurs points de vue pendant le G7.

Il faisait référence aux manifestants qui déjà, à l’extérieur, protestaient, notamment en lien avec la venue du président américain Donald Trump à l’événement. Il s’agira d’ailleurs de la première visite officielle du président Trump au Canada.

« C’est extrêmement important dans une société libre comme le Canada de s’assurer que les gens qui veulent partager leurs opinions puissent le faire de façon claire et sécuritaire. Ça fait partie des libertés qu’on veut présenter », a ajouté M. Trudeau.

Le Sommet d’affaires B7, pour Business Summit, se déroule jusqu’à vendredi au Château Frontenac, où une centaine de personnes sont attendues.

Des personnalités du monde des affaires du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon doivent notamment discuter de la gestion efficace des ressources, de croissance économique inclusive, et de l’essor des petites et moyennes entreprises.

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