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Le gouvernement albertain resserre les règles électorales, gardant l'oeil sur le PCU

Pas question de permettre à plusieurs partis de s’associer pour mener une campagne électorale plus riche que les autres. C’est l'objectif d’un projet de loi déposé par le gouvernement néo-démocrate albertain, qui prive l’opposition officielle conservatrice d’une arme potentielle.

Un texte de Laurent Pirot

L’union de la droite albertaine n’a pas fait disparaître le Parti progressiste-conservateur et le Wildrose. Ces deux entités légales continuent de subsister, sous le contrôle du Parti conservateur uni (PCU) créé en juillet 2017. Jason Kenney est même officiellement le chef des trois partis.

Selon la loi actuelle, rien n’empêcherait chacun de ces trois partis de mener une campagne électorale conjointe pour faire élire leurs candidats. Le plafond de deux millions de dollars de dépenses s’appliquerait à chacun, pour un maximum de six millions de dollars, trois fois plus que pour les autres partis.

Ça n'a jamais été l'intention des conservateurs, a assuré le chef du PCU, Jason Kenney. Le gouvernement néo-démocrate a préféré de ne pas prendre de risque.

Les coalitions électorales visées

Le projet de loi 16 qui modifie les règles sur le financement électoral n’interdirait pas la formation de coalitions électorales, mais précise que dans ce cas, la limite de dépenses serait de deux millions de dollars pour une campagne électorale, quel que soit le nombre de partis inclus.

Le Wildrose et le Parti progressiste-conservateur ne sont presque plus actifs. Ils ont encore reçu quelques milliers de dollars de dons dans les derniers mois de 2017, mais n’ont rien déclaré cette année.

Selon les chiffres communiqués à Élections Alberta, le Wildrose avait environ 90 000$ dans ses caisses au 31 décembre 2017, tandis que le Parti progressiste-conservateur affichait une dette de 192 000 dollars. La loi interdit aux partis de transférer des fonds entre eux.

Le plafond de dépenses pour les campagnes électorales a été créé en 2016 par le gouvernement néo-démocrate. Le projet de loi 16 présenté mardi est le quatrième texte du gouvernement Notley pour encadrer plus étroitement le financement de la vie politique.

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