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Le gouvernement canadien ne paie pas ses stagiaires comme il le devrait

Le gouvernement canadien a enfreint ses propres règles relatives à l'emploi en ne payant pas certains de ses stagiaires, selon les résultats d'une enquête interne du Conseil du Trésor du Canada.

Un rapport citant cette étude, obtenu par CBC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, révèle qu'au moins quatre ministères et agences n'ont pas rémunéré des stagiaires.

Pourtant, la politique gouvernementale stipule que ces derniers doivent recevoir un salaire, sauf lorsque leur programme d'études l'interdit.

Le Conseil du Trésor, qui a le mandat de veiller au respect des politiques d'emploi au gouvernement, a mené son enquête auprès de 12 ministères et agences.

Une promesse électorale

Le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, avait ordonné l'ouverture de l'enquête peu après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Justin Trudeau. En campagne électorale, les libéraux avaient promis d'établir des « standards clairs au sujet des stagiaires » afin de « les protéger contre l'exploitation ».

Le rapport obtenu par CBC illustre qu'entre le 1er janvier 2015 et le 15 mars 2016, quatre composantes du gouvernement n'ont pas payé leurs stagiaires, comme cela est censé se faire :

  • Anciens combattants;
  • Patrimoine Canada;
  • Agence spatiale canadienne;
  • Affaires mondiales Canada.

Dans les trois premiers cas, cinq stagiaires n'ont pas été rémunérés.

Quelques centaines de stagiaires

Affaires mondiales Canada, qui gère les relations diplomatiques et consulaires du pays, a eu 188 stagiaires impayés durant la période couverte par l'enquête. Affaires mondiales Canada a été incapable de dire combien de ces stagiaires auraient dû recevoir un salaire.

En tout, les 12 ministères et agences visés par l'enquête ont eu 300 stagiaires non payés à leur disposition. Ces 12 entités gouvernementales affirment avoir respecté la politique du gouvernement canadien.

CBC/Radio-Canada, qui offre chaque année une centaine de stages non payés à des étudiants, n'a pas été incluse dans l'enquête.

Une situation qui avantage les jeunes de familles aisées

Le ministère des Anciens combattants affirme avoir corrigé la situation en payant rétroactivement deux stagiaires.

Mais du côté d'Affaires mondiales Canada, on n'a pas précisé combien de fois la politique gouvernementale n'avait pas été respectée, à quels endroits les stagiaires avaient été affectés et s'ils avaient été rémunérés rétroactivement.

Amy Kishek, qui dirige désormais l'Association canadienne des stagiaires - un organisme sans but lucratif -, se rappelle avoir travaillé en 2010 à l'ambassade du Canada à Washington. Le tout sans être payée, dans une ville où le niveau de vie est élevé.

« La plupart de mes camarades qui effectuent un stage à Washington viennent de milieux familiaux aisés », affirme Amy Kishek.

Jacob Schweda, qui représente le Québec au sein de l'Association canadienne des stagiaires, soutient que l'existence de stages non rémunérés crée des iniquités, en ce sens que cela avantage les gens qui peuvent travailler en étant peu ou pas payés.

« Inévitablement, ce sont les Canadiens aisés qui sont avantagés, dit-il. Le gouvernement devrait donner l'exemple. »

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