Retour

Le gouvernement de l'Ontario approuve un projet de dépotoir controversé à Ottawa

Le ministère de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique a officiellement approuvé lundi le projet de Taggart Miller Environmental Services dans le quartier Cumberland, après des années de controverses.

Un texte d'Antoine Trépanier

Des citoyens sont mobilisés depuis 2010 contre le projet de la compagnie Taggart Miller, qui souhaite construire au sud de l'autoroute 417 le Centre de récupération des ressources de la région de la capitale.

La parcelle en question occupe une superficie de 182 hectares et est située près de l'intersection des chemins Boundary et Devine.

Ce projet soulève depuis des années une vive opposition des résidents du secteur et des élus d'Ottawa. Le maire, Jim Watson, a déjà exprimé des craintes relativement aux conséquences sur la qualité de l'air, du sol, et sur les problèmes de circulation dans ce secteur. La municipalité de Russell rejette également ce projet.

L'entreprise propose d'y traiter 300 000 tonnes déchets provenant des secteurs industriel, commercial, institutionnel, de la construction et de la démolition de l'Ontario.

« L'approbation a été accordée après que Taggart Miller a répondu à toutes les exigences obligatoires et démontré que tous les effets environnementaux potentiels seront adéquatement pris en compte », note le ministère dans une déclaration écrite envoyée aux médias lundi.

L'entreprise Taggart Miller devra toutefois respecter 15 conditions si elle souhaite exploiter son centre de tri. Par exemple, elle devra démontrer comment l'entreprise se conformera à la réglementation provinciale, faire rapport annuellement au ministère sur la conformité des opérations, établir un protocole de gestion des plaintes publiques avec un comité de liaison communautaire et assurer que le système de gestion des eaux pluviales soit conçu pour supporter des tempêtes violentes.

Le gouvernement demande également à Taggart Miller de « faire en sorte que les installations de réacheminement des déchets soient opérationnelles avant que des déchets soient acceptés au site d'enfouissement, dans le but de maximiser les efforts de réacheminement ».

« Étant donné la croissance de la population et l'accroissement des quantités de déchets qui sont générées, la province reconnaît qu'on a besoin de méthodes nouvelles et novatrices d'amélioration du réacheminement, et qu'il faut réduire l'effet des sites d'enfouissement sur l'environnement et réduire le nombre de nouveaux sites d'enfouissement dont on aura besoin au cours des deux prochaines décennies », soutient le ministère.

La construction du dépotoir devrait commencer d'ici dix ans.

Les opposants sont déçus, l'entreprise ravie

Les opposants à ce projet n'ont pas mis de temps à qualifier de « dommage » et « difficile » la décision de la province dans cette affaire. La vice-présidente du groupe DumpthisDump 2, Lucie Régimbald, soutient que les citoyens ont été tenus à l'écart, sans nouvelles, trop longtemps et que la décision ne semble pas justifiée.

« La chose la plus triste dans cela, c'est qu'ils laissent un nouveau dépotoir alors qu'on a refusé celui [de la route] Carp de faire venir les déchets du Québec. Il ne s'agit pas d'une décision environnementale, c'est seulement économique comme décision », a déclaré Mme Régimbald.

Chez Taggart Miller, la décision a été accueillie avec enthousiasme, après plusieurs années d'incertitude.

« Nous avons encore beaucoup à faire pour que notre vision de ce projet de développement de pointe soit une réalité. Nous sommes déterminés à travailler en consultation avec tous nos partenaires à mesure que nous avançons », a déclaré par voie de communiqué la directrice du développement chez Taggart Investments et Tamarack Homes.

Pour sa part, le conseiller municipal du secteur, Stephen Blais, a refusé de commenter avant d'avoir pris connaissance des détails de la décision. Ce dernier s'est publiquement opposé à ce projet. Selon nos informations, M. Blais a communiqué avec les opposants pour leur souligner qu'il verra s'il y a une possibilité de contester cette décision.

Toutefois, puisque l'affaire n'a pas été envoyée devant le Tribunal de l'environnement, il semblerait que la seule voie de contestation possible soit politique. À cet effet, le maire Jim Watson et le conseiller Blais pourraient faire des pressions pour que Queen's Park recule, mais on ignore encore quelles sont leurs intentions pour la suite des choses.

Plus d'articles

Commentaires