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Le gouvernement du Manitoba doit-il se taire lors d'une partielle?

Les fonctionnaires du Manitoba sont souvent catégoriques : pas de réponses aux questions des journalistes depuis que l'élection partielle de Saint-Boniface a été déclenchée le 19 juin. Or, Élections Manitoba affirme que la communication avec les médias n'est pas interdite.

« Il n’y a pas d'interdiction de renseigner les journalistes lors d’une élection partielle », déclare la gestionnaire des communications et des renseignements au public pour Élections Manitoba, Alison Mitchell.

Elle ajoute qu’il y a certaines restrictions sur la publicité gouvernementale lors de la partielle. Les habitants de Saint-Boniface iront aux urnes pour décider du successeur à Greg Selinger le 17 juillet.

Depuis le déclenchement de l'Élection, des fonctionnaires de la province ont refusé de nombreuses demandes d’entrevues, en citant l'interdiction de renseigner les journalistes. Par exemple, l’organisme Main Street Project a annulé une entrevue planifiée pour un article de fond.

Logement Manitoba a aussi récemment refusé de répondre à des questions portant sur le parc aquatique de Bridgewater Lakes.

Selon l’article 92 de la Loi sur le financement des élections, « Il est interdit aux ministères du gouvernement et aux organismes de la Couronne de faire de la publicité ou de publier des renseignements sur leurs programmes ou leurs activités pendant [la période électorale] ».

Le ministre de la Santé du Manitoba, Kelvin Goertzen, a célébré l’interdiction de renseigner les journalistes sur Twitter.

Alison Mitchell indique qu’elle n’est pas en mesure d’offrir une interprétation des restrictions outre la lettre de la loi. Elle dit toutefois que ce sont aux départements gouvernementaux de dicter si les fonctionnaires peuvent répondre aux questions des journalistes.

Au nom du service de communication de la province, chargé de traiter les requêtes des médias, Glen Cassie déclare que les journalistes ont reçu des réponses à la plupart, sinon toutes leurs questions.

Pour sa part, le greffier du conseil exécutif et secrétaire du cabinet, Fred Meier, qui est à la tête de la fonction publique au Manitoba, dit que « le gouvernement doit trouver un équilibre ».

Selon M. Meier, des mises à jour du site web et des annonces sur les médias sociaux sont interdites, mais des communications telles que des « mises à jour hebdomadaires portant sur la condition d’une plage » sont permises, ainsi que du « simple contenu factuel portant sur des programmes en cours ».

Il affirme que seuls les commentaires de la province portant sur des programmes ou des projets qui n’ont pas encore été réalisés devraient être limités.

Clarifier la formulation de la loi

Élections Manitoba reconnaît que la loi peut être difficile à déchiffrer. C’est pour cette raison qu’une nouvelle formulation visant à la clarifier avait été proposée au comité permanent des affaires législatives en décembre 2016.

La recommandation qui n’a pas été adoptée précisait que les mesures portant sur « l’utilisation de finances ou de ressources gouvernementales » seraient les seules qui seraient circonscrites, selon la directrice des élections du Manitoba, Shipra Verma.

Des restrictions opportunes

« Au point de vue politique, c’est pratique pour le gouvernement de ne pas parler de sujets controversés et visés par des critiques de l’opposition, ce qui pourrait créer un environnement négatif au moment où le parti au pouvoir cherche à éviter l’humiliation dans une partielle », lance le professeur émérite d'études politiques de l’Université du Manitoba, Paul Thomas.

Bien que les restrictions visent à éviter que le parti gouvernant profite de ce statut pour faire gagner son candidat, il ne devrait pas y avoir d’interdiction générale de parler aux médias, selon le professeur.

Le ministre des Finances, Cameron Friesen, a accepté de répondre aux questions des journalistes à Ottawa la semaine dernière, en proposant Hydro Manitoba comme une solution aux déboires commerciaux du pays.

« Le ministre répondait à une question d’un journaliste. La loi le permet », affirme son attaché de presse, David Von Meyenfeldt.

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