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Le gouvernement Trudeau discute de sécurité nationale avec les Canadiens

À compter d'aujourd'hui, les Canadiens peuvent participer en ligne à une vaste consultation instaurée par le gouvernement de Justin Trudeau sur toutes les questions relatives à la sécurité nationale.

Jusqu'au 1er décembre, le gouvernement libéral recueillera les opinions et les conseils tant des experts que des citoyens. Le tout afin de pouvoir proposer, l'an prochain, un projet de loi destiné à remplacer la Loi antiterroriste qu'avait adoptée le gouvernement de Stephen Harper le 6 mai 2015.

Les dossiers sur lesquels les Canadiens peuvent se prononcer touchent notamment :

  • les mesures de lutte contre le terrorisme prévues au Code criminel;
  • l'échange de renseignements entre les institutions de sécurité nationale;
  • les mesures visant les capacités d'enquête, la prévention et la réduction des menaces.

Les Canadiens appelés à parler des « éléments problématiques »

À Edmonton, jeudi, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a décrié le fait que les Canadiens n'avaient pas pu se prononcer sur le projet de loi C-51, qui a mené à la Loi antiterroriste des conservateurs. Le ministre de la Sécurité publique assure que cette fois-ci, les Canadiens auront leur mot à dire sur les « éléments les plus problématiques » de cette loi, que Justin Trudeau s'était engagé à modifier.

En mai 2015, Justin Trudeau avait voté en faveur du projet de loi conservateur. Mais il avait promis de modifier cette loi une fois au pouvoir, pour protéger les libertés civiles.

Rappelons que la Loi antiterroriste a soulevé des inquiétudes, notamment quant aux pouvoirs accrus qu'elle confère aux forces de sécurité. Elle donne par exemple le pouvoir nécessaire au service de renseignement pour déjouer les complots terroristes potentiels, lui permettant même d'enfreindre la Charte des droits et libertés, pour peu qu'il obtienne l'aval d'un juge avant de passer à l'action.

Concilier protection et respect des droits et libertés

Lors d'une conférence de presse tenue en compagnie de la ministre de la Justice, Jody Wilson Raybould, M. Goodale a assuré que le gouvernement Trudeau a la ferme intention de déposer un projet législatif qui respectera la Charte canadienne des droits et libertés tout en protégeant la population de manière efficace. « Il faut atteindre ces deux objectifs simultanément », a-t-il affirmé.

Le ministre de la Sécurité publique rappelle que le Canada est un pays démocratique et inclusif, dans lequel la société civile peut livrer des plaidoyers et contester. Dans ce contexte, dit-il, « il nous faut une définition plus précise de la propagande ». Il dit encore, relativement aux listes d'interdiction de vols dans le secteur du transport aérien, qu'il faut agir avec discernement. 

« On veut spécialement que les Canadiens nous disent ce qui doit être corrigé du projet de loi C-51 du précédent gouvernement », a déclaré Ralph Goodale

Prévenir les tragédies liées à la radicalisation

Avec son secrétaire parlementaire, Michel Picard, Ralph Goodale dit avoir eu des rencontres avec des experts, des groupes et des individus sur ces questions de sécurité nationale. « Il y a au moins quatre projets de lois qui sont liés à tout ça », a-t-il précisé.

Et, d'ajouter M. Goodale, les initiatives se sont multipliées depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux pour doter le pays d'un « Cadre de sécurité nationale ». 

Par exemple, par le projet de loi C-22 déposé en juin dernier, le gouvernement veut instaurer un comité sur la sécurité nationale et le renseignement composé de parlementaires. Ottawa travaille aussi à la création d'un bureau pour prévenir la radicalisation. « On veut être parmi les meilleurs au monde pour détecter - surtout les jeunes qui s'engagent dans l'avenue destructrice de la violence », affirme Ralph Goodale.

Enfin, dans le dossier de la cybersécurité, le gouvernement Trudeau procède à un réexamen complet des capacités du Canada. Des améliorations doivent notamment être apportées à la frontière canado-américaine. 

Dans la foulée de cet exercice de consultation, le secrétaire parlementaire de Ralph Goodale réunira à huis clos à Sainte-Julie, en banlieue de Montréal, samedi matin, des experts en sécurité publique tels que le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Montréal, Didier Deramond. Une rencontre publique sera tenue dans l'après-midi. D'autres rencontres de ce type seront organisées dans d'autres villes ultérieurement.

Avec les informations de Geneviève Garon

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