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Le gouvernement Trudeau doit défendre à nouveau son plan sur le carbone

Les critiques ont fusé de toutes parts mardi à Ottawa concernant le plan de tarification du carbone du gouvernement Trudeau. Les conservateurs ont dénoncé un projet qui « manque de respect » aux provinces, alors que les néo-démocrates jugent que le plan n'est pas assez ambitieux.

Au moment où s'ouvrait la conférence des ministres de l'Environnement, à Montréal, lundi, les libéraux fédéraux ont annoncé qu'ils allaient imposer un prix plancher de 10 $ la tonne de carbone en 2018, un prix qui grimperait ensuite de 10 $ par an pour atteindre 50 $ en 2022. Les provinces peuvent aussi choisir d'adhérer à une bourse du carbone, comme l'ont fait le Québec et l'Ontario.

Trois provinces - la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador - ont claqué la porte de la rencontre pour manifester leur mécontentement. Elles affirment avoir été prises de court par l'annonce d'Ottawa et jugent qu'elles se font imposer une façon de faire sans consultation.

Les conservateurs ont relayé les doléances de ces provinces mardi aux Communes.

Le chef adjoint du Parti conservateur, Denis Lebel, demande du même souffle au gouvernement de « cesser de piger dans les poches des Canadiens », en faisant référence à l'idée de taxer le carbone.

Les néo-démocrates ont quant à eux jugé le plan bien timide. Ils soutiennent que l'ex-premier ministre Stephen Harper prônait dans un discours en mai 2008 un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre (GES), au sein duquel le prix du carbone s'élèverait à 65 $ la tonne dix ans plus tard. Justin Trudeau, lui, ne propose que 10 $ en 2018, a souligné le chef néo-démocrate sortant Thomas Mulcair.

« C'est de la supercherie conservatrice-libérale. Qu'est-ce que le premier ministre va dire à la prochaine génération lorsque sa trahison aura aggravé les changements climatiques et menacé leur avenir sur la planète? », a demandé M. Mulcair.

Justin Trudeau a répliqué en insistant sur le fait que les citoyens s'attendaient à « du leadership de tous les paliers de gouvernement » et que c'est ce dont les libéraux avaient fait preuve la veille.

Le premier ministre a tout de même dû tenir compte de la grogne des provinces. Il a d'ailleurs indiqué sur Twitter en après-midi avoir eu une « conversation franche » avec le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall (un farouche opposant à la tarification du carbone), à propos de croissance non polluante et de changements climatiques. Il a ajouté « j'ai déjà hâte à notre prochaine discussion ».

Il y a toujours eu « deux couloirs », dit Catherine McKenna

Quant à la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, elle s'est défendue d'avoir pris ses homologues par surprise. Elle affirme avoir mis les ministres de l'Environnement des provinces au courant avant que l'annonce soit faite aux Communes, et qu'il avait toujours été clair qu'il y aurait deux choix qui se présenteraient aux provinces : opter pour une taxe ou pour une bourse du carbone.

« On sait qu'on doit réduire nos émissions ou qu'on doit mettre un prix sur le carbone. Il y a deux manières de le faire. Au Québec, il y a le plafonnement et l'échange qui marche bien. Et dans l'Ouest, il y a un prix direct sur le carbone », a-t-elle soutenu en entrevue à l'émission 24/60.

La ministre McKenna souligne que la réunion de lundi ne portait pas seulement sur le prix sur le carbone, mais sur « beaucoup d'autres mesures. »

« On a besoin de faire autre chose. Parce qu'on doit réduire les émissions des automobiles, de nos maisons, on doit s'adapter aux changements climatiques, faire beaucoup d'investissements, parce qu'on voit déjà les impacts. »

Les Premières Nations veulent également avoir une voix dans ce dossier. Elles ont demandé à être impliquées dans toutes les étapes du processus d'élaboration et d'implantation du plan pancanadien de lutte contre les changements climatiques.

Le Canada doit tenir compte de leurs besoins en ce qui a trait à l'accès à des énergies propres et sécuritaires, a indiqué mardi le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, dans un communiqué.

Par ailleurs, la ratification de l'Accord de Paris sur les changements climatiques doit faire l'objet d'un débat et d'un vote aux Communes mercredi.

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