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Le gouvernement Trudeau veut doter le Canada d'un « système démocratique plus fort »

Le Canada peut mettre en place un meilleur système électoral, martèle la ministre fédérale des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, à qui le premier ministre Justin Trudeau a confié la responsabilité de réformer le mode de scrutin.

En campagne électorale, les libéraux ont promis de mettre fin au scrutin uninominal à un tour et de le remplacer par un nouveau système qui serait mis en place à temps pour les élections de 2019, un engagement repris dans le discours du Trône, en décembre dernier.

Le scrutin uninominal majoritaire à un tour, qui est le plus simple des modes de scrutin, serait le bienvenu dans des démocraties naissantes comme l'Afghanistan, un pays que la ministre Monsef a fui lorsqu'elle était jeune, mais une démocratie mature comme le Canada peut aller plus loin, affirme-t-elle.

L'objectif d'un « système démocratique plus fort » est d'intéresser davantage les électeurs, d'augmenter le nombre de citoyens qui exercent leur droit de vote et de faire en sorte que tous les Canadiens aient l'impression que leur vote compte, a-t-elle dit en entrevue à La Presse Canadienne.

Trop de Canadiens se sentent ignorés, croient que leurs problèmes, leurs espoirs et leurs aspirations ne comptent pas, déplore la ministre Monsef.

Disant vouloir placer les citoyens au centre de la démocratie, Justin Trudeau a déjà indiqué qu'il ne comptait pas dicter la voie à suivre, mais entendait plutôt confier à un comité parlementaire multipartite l'évaluation des différents modes électoraux, notamment le vote préférentiel et la représentation proportionnelle.

Ce comité devrait être constitué sous peu.

Faire entrer nos institutions démocratiques dans le 21e siècle

Maryam Monsef voit le 150e anniversaire du Canada, qui sera célébré l'an prochain, comme l'occasion de renforcer et de moderniser les institutions démocratiques et les faire entrer dans le 21e siècle.

Cela fait partie du mandat que les Canadiens ont confié aux libéraux, estime-t-elle, fermant pour l'instant la porte aux demandes des conservateurs, qui réclament un référendum sur le système électoral.

« Réduire cette conversation nationale à un simple oui ou non est un raccourci et ne rendrait pas service aux Canadiens », assure-t-elle, même si elle ajoute « ne pas être prête » à rejeter catégoriquement l'idée d'un référendum.

Dans l'intervalle, le comité peut décider comment mener ces consultations auprès des Canadiens, soutient-elle.

Les électeurs de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et de l'Île-du-Prince-Édouard, qui se sont prononcés sur la question lors de référendums, ont exclu des réformes électorales. Tenir un référendum à l'échelle nationale serait encore plus difficile, puisqu'une proposition devrait recueillir un soutien significatif dans toutes les régions, voire toutes les provinces.

Certains sondages ont suggéré que les Canadiens ne souhaitent pas particulièrement changer le système actuel, dans lequel le candidat qui remporte le plus de votes dans une circonscription gagne son siège, souvent avec beaucoup moins que 50 % du vote.

La plateforme libérale proposait un plan de modernisation de la démocratie canadienne en 32 points. Outre la modification du mode de scrutin, le parti préconisait la parité hommes-femmes au sein du Conseil des ministres - une promesse qui a été réalisée -, une réforme de la Loi sur l'accès à l'information, l'augmentation du nombre de votes libres en Chambre et la réglementation du recours aux projets de loi omnibus.

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