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Le grand écart de Pierre Karl Péladeau

Tout au long de la dernière campagne électorale fédérale, le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique ont tenté de se présenter comme le meilleur choix de rechange au gouvernement Harper. Si certains craignaient au départ que la division du vote d'opposition ne permette aux conservateurs d'être réélus, une majorité de Canadiens ont finalement choisi de rallier le Parti libéral.

Une analyse d'Hugo Lavallée

Même si les prochaines élections québécoises n'auront pas lieu avant 2018, on peut déjà s'attendre à ce que la dynamique soit la même lors du prochain scrutin québécois. Face à un gouvernement libéral qui aura été au pouvoir durant le plus clair des quinze années précédentes, le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et les autres essayeront de se présenter comme la seule alternative viable aux libéraux.

C'est dans cette optique qu'il faut interpréter le discours livré par Pierre Karl Péladeau à l'ouverture du Conseil national du Parti québécois. Tous auront remarqué, bien sûr, les attaques contre l'austérité, l'ouverture d'une réflexion sur la réforme du mode de scrutin, l'opposition claire à Énergie Est et la volonté de voir un Québec souverain devenir « une référence mondiale » en matière de lutte aux paradis fiscaux.

Si les déclarations du chef destinées aux militants de Québec solidaire (QS) et d'Option nationale étaient sans équivoque, il ne faut pas toutefois négliger le plaidoyer économique que le chef a livré et qui était peut-être destiné davantage aux militants de la CAQ.

Accusations d'incohérence, d'incompétence et d'amateurisme, le chef péquiste s'est durement attaqué au bilan économique du gouvernement Couillard. Il a critiqué les positions du premier ministre sur la vente de Rona, l'exploration pétrolière sur Anticosti, le sort des ex-employés d'Aveos et l'investissement de fonds publics dans la C Series de Bombardier.

En fait, la stratégie de Pierre Karl Péladeau vise à séduire la gauche comme la droite : faire preuve d'ouverture sur certains thèmes chers aux militants de Québec solidaire tout en démontrant aux électeurs plus sensibles aux messages de la CAQ qu'il peut aussi incarner la croissance et le développement économiques.

Une question demeure toutefois : comment s'imbriquera la question nationale dans cet exercice de positionnement sur l'axe gauche-droite de façon à satisfaire la gauche et la droite, et ce, sans repousser les électeurs de QS et de la CAQ pour qui les problèmes économiques ou sociaux du Québec sont plus importants que l'indépendance du Québec? Ce sera là un des défis importants du chef d'ici aux prochaines élections : réussir à présenter la souveraineté comme la solution aux problèmes soulevés par la gauche... comme à ceux soulevés par la droite.

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