Retour

Le milieu culturel réagit favorablement à la nomination de Mélanie Joly

Alors que Mélanie Joly promet qu'elle réalisera la promesse électorale libérale de réinvestir massivement en culture, le milieu culturel espère beaucoup de la nouvelle ministre du Patrimoine canadien.

« Nous avons clairement dit qu'il était extrêmement important de réinvestir 150 millions dans Radio-Canada et CBC. [...] De doubler le budget du Conseil des arts. [...] Nous allons respecter nos promesses. C'est fondamental de faire en sorte de valoriser à nouveau les artisans de notre culture », a lancé la nouvelle ministre en point de presse après la première réunion du Cabinet Trudeau.

Selon Mélanie Joly, le ministère du Patrimoine canadien est « le ministère du progressisme ». De ce fait, elle dit vouloir en présenter une nouvelle vision, « après neuf ans de gouvernement conservateur ».

Elle compte notamment faire cela en appuyant le virage numérique de Radio-Canada, ce qui sera une de ses priorités, dit-elle.

Le milieu culturel enthousiaste

La nomination de Mélanie Joly comme nouvelle ministre du Patrimoine canadien a entraîné de nombreuses réactions très favorables. Le milieu culturel est satisfait du choix du nouveau premier ministre Justin Trudeau.

Le président et fondateur du Festival Juste pour rire Gilbert Rozon pense que la diversité du nouveau Conseil des ministres est formidable et que la parité entre hommes et femmes est remarquable : « Il faut que les femmes aient le pouvoir si elles veulent l'exercer. »

Il ajoute que le fait que Mélanie Joly ait été candidate à la mairie de Montréal lui permet de comprendre l'importance de la culture dans la métropole.

Pour regarder l'extrait de l'entrevue avec Gilbert Rozon sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Le journaliste et auteur Alain Saulnier, membre de Culture Montréal, se réjouit de cette nomination. « C'est quelqu'un de jeune qui apportera du sang neuf dans la réflexion, c'est le passage à une autre génération qui a vécu avec le numérique, » souligne-t-il.

L'ex-directeur général de l'information à Radio-Canada rappelle que le Parti libéral a pris des engagements qu'il doit honorer et insiste sur l'importance de réinvestir dans la culture.

« Le modèle économique qui soutient la culture est en train de s'effriter. Les géants du web prennent le contrôle de la culture par leurs algorithmes et leur façon de décider ce qui est bon pour nous. Il faut un contrepoids et qu'un nouveau modèle économique soit mis en place pour soutenir les producteurs de contenu culturel et Radio-Canada », insiste-t-il.

Le directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada, Simon Brault, est ravi de voir un changement de génération à la tête du Patrimoine canadien.

Il a d'ailleurs rencontré la nouvelle ministre quelques minutes après son assermentation.

« Mélanie Joly était déjà active sur le front des arts et de la culture, comme bénévole, membre de conseil d'administration et donatrice, se réjouit-il. C'est aussi une personne qui a défendu des positions proculture quand elle s'est présentée à la mairie de Montréal. »

Simon Brault pense que le nouveau gouvernement a une vision très actuelle des arts et de la culture qui place le Canada dans le peloton de tête.

Le président du conseil d'administration de CINARS (Conférence internationale des arts de la scène), membre du Conseil des arts de Montréal et directeur général du collectif de cirque Les 7 doigts de la main, Nassib El-Husseini, accueille cette nomination avec soulagement  et espoir.

« J'espère seulement qu'on ne reviendra pas au neutre, alors qu'on était un peu en enfer. Ça peut paraître naïf, mais chez les artistes, il y a une soif de ne pas se croiser les bras, ne pas se satisfaire des promesses, de faire plus, analyse-t-il. Franchement, on compte sur l'équipe actuelle. Il y a les promesses de rétablir ce qu'on avait avant, c'est exceptionnel. Vont-ils pouvoir les réaliser? On sent au moins qu'il y a une volonté. C'est une bouffée d'oxygène. »

Pour regarder l'extrait de l'entrevue avec Nassib El-Husseini sur votre appareil mobile, cliquez ici.

« Le règne du gouvernement conservateur a fait des ravages en ce qui a trait aux conditions socioéconomiques des créateurs, affirme pour sa part l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec. Il faut de façon urgente indexer le budget de la Commission du droit de prêt public (DPP), revoir les exceptions introduites dans la Loi sur le droit d'auteur, et s'assurer que les investissements promis au Conseil des arts du Canada bénéficient directement aux écrivains, grâce à des bourses de création. Nous sommes prêts à entamer les discussions à ce sujet », déclare la présidente de l'UNEQ, Danièle Simpson, par voie de communiqué.

La Guilde canadienne des médias et du Syndicat des communications de Radio-Canada a, de son côté, envoyé une lettre à la nouvelle ministre l'invitant « à agir au plus vite pour mettre fin au démantèlement de CBC/Radio-Canada en cours ».

Hubert T. Lacroix a félicité la nouvelle ministre et s'est dit très encouragé « par la volonté du nouveau gouvernement de soutenir la culture canadienne ainsi que par son engagement à réinvestir dans le radiodiffuseur public et par le fait qu'il reconnaît CBC/Radio-Canada comme institution nationale vitale qui rassemble les citoyens ».

Des réactions sur les médias sociaux

Mélanie Joly a aussi réagi sur Twitter dans les deux langues officielles et en vidéo sur Facebook.

Sophie Prégent, la présidente de l'Union des artistes, a réagi sur Twitter.

Un tweet de l'animatrice d'Enquête Marie-Maude Denis n'est pas passé inaperçu. 

Le directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada Simon Brault.

Plus d'articles

Commentaires