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Le ministre Bill Morneau défend son éthique face aux lobbyistes

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, se retrouve sur la sellette relativement à sa participation à des activités de financement politique auxquelles pourraient avoir pris part des lobbyistes et d'autres ministres du gouvernement Trudeau.

Selon une plainte déposée par l'organisme Démocratie en surveillance au Commissariat au lobbying du Canada, un membre du conseil d'administration de la société pharmaceutique Apotex aurait vendu des billets à 500 $ pour un événement qui aura lieu à Toronto le mois prochain et mettant en vedette le ministre Morneau.

Bill Morneau soutient qu'il a respecté toutes les règles afin de s'assurer qu'il ne violait pas le code d'éthique en matière de lobbyisme et de conflit d'intérêts. « Tout le monde dans notre système politique a la nécessité de faire le fund raising. Dans notre cas, nous avons fait notre fund raising avec les règles. »

Le ministre Morneau a été la tête d'affiche d'une autre activité de financement, cette fois à Halifax, destinée à la communauté des affaires de la région. Pour cet événement, le coût du billet s'élevait à 1500 $, une somme décriée par l'opposition.

« J'entends le premier ministre qui veut être accessible, qui se veut transparent. Si c'est ça la transparence... Posez la question aux gens s'ils ont 1500 $ pour donner leur opinion au gouvernement. Poser la question, c'est y répondre », a déclaré le député conservateur de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes.

Après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau s'était engagé à ce qu'il n'y ait pas de traitement préférentiel accordé à des particuliers, des sociétés ou des organismes en échange de contributions financières.

Au sujet de la plainte déposée auprès du Commissariat au lobbying, Justin Trudeau a expliqué qu'il existait des « règles très claires par rapport aux dons politiques » au fédéral. « C'est impossible pour quiconque de donner plus de 1500 $ par année à un parti politique », a-t-il rappelé.

Une enquête en cours

La commissaire au lobbyisme, Karen Shepherd, a déclaré qu'elle enquêtait sur le dossier et qu'elle cherchait à déterminer si des lobbyistes avaient pris part à ces activités ou encore contribué à leur organisation.

Mme Shepherd a mentionné que des situations de ce genre pouvaient placer les ministres en situation de conflit d'intérêts « en leur donnant le sentiment d'avoir ensuite des comptes à rendre ».

De son côté, la commissaire à l'éthique, Mary Dawson, a reconnu que les soirées de financement pouvaient offrir un accès privilégié aux ministres, mais qu'il n'y avait rien dans la Loi sur les conflits d'intérêts pour interdire de tels événements.

Le Parti libéral souligne que la liste des donateurs et du montant de leurs contributions est remise à Élections Canada, qui la rend publique.

Avec les informations de Raphaël Bouvier-Auclair

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