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Le ministre des Affaires autochtones Geoffrey Kelley quitte la politique

Le ministre québécois des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ne sera pas candidat aux prochaines élections provinciales. Il s'agit du huitième ministre libéral à annoncer son retrait de la vie politique à l'approche des élections.

Élu député en 1994, Geoffrey Kelley a occupé le poste de ministre responsable des Affaires autochtones à trois reprises, soit de 2005 à 2007, de 2011 à 2012 et de 2014 à 2018.

« Depuis près de trente ans, mon travail auprès de mes concitoyennes et concitoyens, dans la magnifique circonscription de Jacques-Cartier, ainsi qu'avec les communautés autochtones, a été pour moi une source de fierté indescriptible », a indiqué Geoffrey Kelley.

Il souligne quitter ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli.

Le ministre dit être particulièrement fier d’avoir présidé, en 2007-2008, les audiences publiques de la Commission des affaires sociales sur le phénomène de l'itinérance au Québec.

Le rapport qui a été déposé à l’Assemblée nationale « a aidé à avancer les services et le soutien offerts aux personnes les plus vulnérables de notre société », a indiqué Geoffrey Kelley lors d’un point de presse à Beaconsfield, lundi matin.

Geoffrey Kelley avait aussi mené la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité (2009-2011) qui avait déposé le rapport Pour une bonification des soins palliatifs et une option de plus pour des cas de souffrances exceptionnelles, une première au Canada.

La question des Autochtones

En tant que ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley a présenté en 2017 le Plan d'action social et culturel pour les Premières Nations et les Inuits, un plan qui s'inscrit au cœur de la relation de nation à nation que le gouvernement veut continuer à construire avec les Autochtones.

Le ministre Kelley admet cependant qu'il reste beaucoup de travail à faire pour améliorer la qualité de vie des communautés autochtones.

Il est toutefois encouragé par certaines avancées qui visent à faire respecter davantage l'autonomie des communautés autochtones, notamment une entente historique avec la nation attikamek en matière de protection de la jeunesse.

« Je suis très fier de ce que nous avons accompli en éducation [pour les Autochtones] », a aussi dit le ministre. Il souligne entre autres la création de centres d’éducation pour adultes à travers le Québec, notamment à Lac-Simon, Uashat, Kahnawake et Listiguj, et la mise sur pied de l’Institut Kiuna, à Odanak, en Mauricie.

« C’est un endroit très important, où les jeunes peuvent entreprendre leurs études collégiales », estime-t-il.

Lors de son allocution, Geoffrey Kelley a aussi rappelé l’ouverture en 2009 du Pavillon des Premiers-Peuples, à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. « Quand j’y vais et que je vois les jeunes dans les classes qui bâtissent leur propre avenir, je suis très fier », a-t-il dit.

Geoffrey Kelley a également mentionné la contribution de son ministère au renforcement du réseau des Centres d’amitié autochtones à travers la province, des « endroits de référence » pour les Autochtones.

« J’avais vu leur ancien local, raconte-t-il. Le plafond coulait, il n’y avait qu’une sortie […] je me suis dit que c’était une trappe à feu, que c’était dangereux ».

« Les Autochtones du Québec qui sont itinérants, qui ont besoin d’aide, ont maintenant un endroit où aller. C’est quelque chose qui me rend très très heureux », dit-il fièrement.

Avant de faire le saut en politique, Geoffrey Kelley a été professeur d'histoire et directeur des communications à Alliance Québec.

Âgé de 63 ans, il est père de 5 enfants.

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