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Le ministre Moreau s’oppose aux indemnités de départ sans raison valable

Pour le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau, les indemnités de départ versées aux députés démissionnaires ne devraient être accordées que pour des raisons de santé ou des problèmes familiaux, et uniquement après avoir été soumis à l'examen d'un comité.

Pierre Moreau s'est bien gardé de jeter la pierre à ses deux collègues libéraux, Marguerite Blais et Gilles Ouimet, qui recevront de telles allocations de transition après avoir annoncé leur départ, à peine 16 mois après leur élection.

Mme Blais touchera une indemnité de 150 000 $, tandis que M. Ouimet recevra 56 000 $.

Le ministre Moreau affirme ne pas connaître les raisons pour lesquelles ces deux députés ont décidé de renoncer à leurs fonctions. Mais il n'en démord pas : « mes collègues ou pas mes collègues, ces primes-là ne devraient être versées lorsqu'il y a un départ en cours de mandat que pour des raisons sérieuses », a-t-il martelé.

Par raisons sérieuses, Pierre Moreau entend des raisons de santé ou des problèmes familiaux qui font appel à la « compassion » et qui font en sorte « que les gens quittent parce qu'ils n'ont pas la sérénité de compléter le mandat ».

Un projet de loi qui se fait attendre

Rappelons que le premier ministre Philippe Couillard avait indiqué qu'il était contre ce type d'indemnité à la suite de la démission du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, qui avait obtenu une indemnité de 150 000 $.

Le 3 mars dernier, le premier ministre, interpellé sur la décision de son ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, d'empocher son indemnité, avait pourtant promis de déposer un projet de loi abolissant ces allocations « au cours de la session » parlementaire, c'est-à-dire avant le mois de juin. Or, aucun projet de loi en ce sens n'a encore été déposé.

De l'avis de Pierre Moreau, on abolirait grand nombre de difficultés en instaurant des critères selon lesquels on accorderait, ou pas, des indemnités de départ. Un tel régime, dit-il, aurait peut-être eu pour résultat de priver Marguerite Blais et Gilles Ouimet de leur allocation de transition. « Si le comité estime que ça tombe pas dans les critères que j'ai énumérés tantôt, ils n'y auraient pas droit », tranche-t-il.

Des raisons basées sur la frustration?

« Si j'avais le CV de Gilles Ouimet, moi aussi je serais étonnée de voir Stéphanie Vallée ministre de la Justice », a raillé la députée péquiste Agnès Maltais mardi, laissant ainsi entendre que le départ de Gilles Ouimet se fait sous le signe de la déception. « Il y a une frustration et c'est encore les Québécois qui vont en payer le prix, particulièrement parce qu'on va encore aller en élection », dit Mme Maltais.

Avocat de profession, Gilles Ouimet a été Bâtonnier du Québec en 2010-2011. Il a aussi occupé les fonctions de porte-parole de l'opposition en matière de justice.

Dans sa lettre de démission, Gilles Ouimet a évoqué des « changements importants » dans sa vie familiale pour justifier sa démission.

« J'en suis venu à la conclusion que l'exercice de mes fonctions de député était incompatible avec ma situation personnelle et familiale », écrit-il.

M. Ouimet a l'intention de retourner à la pratique du droit. Il compte percevoir l'allocation de transition offerte aux députés démissionnaires puisqu'il n'a « aucune source de revenus prévisible ». Il précise cependant qu'il rembourserait toute somme perçue à titre de salaire pendant cette période.

De son côté, à la suite de l'annonce de son départ, Marguerite Blais a admis publiquement qu'elle aurait souhaité pouvoir continuer à s'occuper des aînés, un ministère qu'elle a occupé de 2008 à 2012. La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne a aussi perdu son mari, atteint d'un cancer au cerveau, en mars dernier. Mme Blais a agi à titre d'aidante naturelle pour son époux jusqu'à sa mort.

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