Retour

Le ministre Proulx remet les pendules à l'heure sur les sorties scolaires

L'annulation de sorties culturelles prévues l'an prochain par certaines écoles du Québec n'a rien à voir avec la récente directive ministérielle exigeant leur gratuité si elles s'inscrivent dans un programme pédagogique, affirme le ministre de l'Éducation du Québec, Sébastien Proulx.

Dans une sortie publique, lundi, le Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU) et l’association Théâtre Unis Enfance Jeunesse ont dit craindre le pire, après que des sorties pour 5000 élèves du primaire et du secondaire ont été annulées au cours des derniers jours.

Les deux organisations ont souligné que ces annulations ont été faites dans la foulée d’une directive publiée par le ministre Proulx le 7 juin dernier, et que les commissions scolaires et directions d’école qui ont pris cette décision se plaignent du « manque de clarté » entourant le financement de ces sorties.

« Ce n’est pas vrai que c’est en raison de la directive qu’il y a des annulations », a commenté M. Proulx, mardi, en entrevue à Radio-Canada.

Selon lui, cette situation est d’abord et avant tout attribuable au recours collectif intenté en 2013 contre 68 commissions scolaires au nom de parents de 900 000 élèves qui ont fréquenté une école primaire ou secondaire entre 2009 et 2016.

Dans ce dossier, les commissions scolaires ont récemment approuvé une entente à l’amiable qui prévoit, selon nos sources, le versement de 153,5 millions de dollars aux parents. Il ne reste plus qu’à un juge d’entériner l’entente en bonne et due forme.

« Depuis des mois, des commissions scolaires avaient, en raison du recours collectif […], changé leurs façons de faire et avaient [discuté] avec des fournisseurs la possibilité qu’il n’y ait plus de ces activités si elles ne devaient plus les charger, parce que ce n’était pas permis et qu’elles n’avaient pas les ressources financières pour permettre aux enfants d’y aller », a fait valoir M. Proulx.

Des sommes à verser rapidement

Le ministre de l’Éducation soutient que son ministère a « bonifié les sommes » versées aux commissions scolaires pour « soutenir » les activités prévues l’an prochain, mais reconnaît du même souffle que d’autres sommes restent à être versées au cours des prochaines semaines.

« Ma collègue [Marie Montpetit], avec sa politique culturelle, elle ajoute des millions de dollars également. Je suis moi-même en démarche pour être capable d’en ajouter, a assuré le ministre. Dans les faits, il y aura, cet automne, suffisamment d’argent – pas dans 7 ans; dès septembre - des sommes supplémentaires importantes pour s’assurer de couvrir ces activités qui, avant, ne l’étaient pas. »

« Mais rappelez-vous pourquoi on en est là aujourd’hui, a ajouté le ministre. C’est parce qu’il y avait des abus, il y avait vraisemblablement des exagérations – je le mets au conditionnel parce que c’est ce qui se retrouve dans les procédures judiciaires qui sont sur le point d’être réglées. Il fallait régler ça. »

Le ministre dément par ailleurs que sa directive du 7 juin soit ambiguë. « Si une activité éducative est en lien avec le programme pédagogique, elle doit être gratuite », résume-t-il. Ainsi, une pièce de théâtre qui ferait l’objet d’un examen en classe ne peut pas être facturée aux parents.

« Si nous ne sommes pas en lien avec le programme éducatif, mais qu’on y va pour s’amuser, jouer et avoir du plaisir ou pour découvrir un musée ou participer à une activité culturelle qu’autrement ils ne verraient pas, ce n’est pas une activité qui doit à tout prix être gratuite », poursuit M. Proulx.

Dans ces derniers cas de figure, « on peut, par une décision de l’école, comme il se fait dans les différents conseils d’établissements, permettre une facturation aux parents ».

Cela vaut aussi bien pour une sortie à La Ronde, par exemple, que pour une sortie au Biodôme de Montréal pour des élèves du primaire. Dans ce dernier cas, la sortie a bien entendu une valeur éducative, concède le ministre, mais elle peut tout de même être facturée dans la mesure où la biologie animale n’est pas couverte par le programme pédagogique.

La Fédération des commissions scolaires du Québec avait affirmé lundi que les commissions scolaires attendaient des fonds du gouvernement qui doivent être consacrés aux sorties scolaires.

En attendant que cela se concrétise, certaines d'entre elles ont choisi d'annuler des activités, mais il n'est pas impossible qu'elles soient reprogrammées indiquait la directrice des communications et des affaires publiques, Caroline Lemieux.

Plus d'articles