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Le nombre de demandes d'asile se multiplie au Manitoba depuis le décret de Donald Trump

Le nombre de réfugiés qui traversent la frontière canado-américaine pour demander l'asile au Manitoba est monté en flèche depuis que Donald Trump a remporté la présidence des États-Unis, selon le Conseil Manitoba Interfaith Immigration.

Au cours des trois derniers mois, le personnel de l'organisme a rencontré plus de 80 demandeurs qui ont ouvert des dossiers de réfugiés. Le nombre normal pour une année entière est de 50 à 60.

Le conseil a ouvert 10 nouveaux dossiers depuis lundi seulement, affirme la directrice générale, Rita Chahal. « Ils arrivent de diverses façons. Plusieurs d'entre eux marchent dans les champs et trouvent d'autres façons d'entrer, ne s'arrêtant pas à la frontière, mais se rendant directement à Winnipeg », explique-t-elle.

« D'autres font une réclamation à la frontière d'Emerson, puis trouvent un moyen de transport à Winnipeg », ajoute-t-elle.

Rita Chahal ne peut pas parler de cas particuliers pour des raisons de vie privée, mais a déclaré que la majorité des réfugiés sont préoccupés par leur sécurité aux États-Unis et ont peur d’être expulsés.

Le décret signé par Donald Trump vendredi dernier interdit pendant quatre mois l'entrée des réfugiés aux États-Unis, dont ceux provenant de Syrie indéfiniment, et suspend pendant 90 jours l'arrivée de voyageurs originaires de sept pays musulmans, indiquant que ces mesures aideraient à protéger les Américains des attaques terroristes.

Il y a beaucoup d’inquiétudes de la part de ces gens-là

Rita Chahal, directrice générale du Conseil Manitoba Interfaith Immigration

Elle souligne que la montée subite du nombre de demandeurs d'asile au Manitoba a créé un fardeau administratif pour le Conseil Manitoba Interfaith Immigration, qui doit chercher des endroits sécuritaires pour les loger.

« C'est toujours une préoccupation quand les gens risquent leur vie, alors nous voulons nous assurer que lorsque les gens arrivent à nos portes, nous pouvons leur assurer la sécurité », affirme Rita Chahal.

À la veille de Noël, deux réfugiés du Ghana ont été hospitalisés à Winnipeg après avoir gelé, perdus sur la route 75, près de la frontière entre le Canada et les États-Unis.

Rita Chahal dit qu'elle devra envisager l'embauche de plus de personnel pour traiter les demandes, mais d'abord, elle doit trouver de l'argent.

« Malheureusement, il s'agit d'un programme qui n'est pas financé par le gouvernement fédéral ni par les provinces. Nous devons faire nos propres collectes de fonds », affirme la directrice générale.

Le conseil a obtenu une subvention de la province sous l'ancien gouvernement néo-démocrate pour maintenir le programme en marche, mais le financement s'épuise en mars.

Nous devons donc revenir à la planche à dessin

Rita Chahal, directrice générale du Conseil Manitoba Interfaith Immigration

Elle dit cependant qu’elle peut compter sur l’aide de la Winnipeg Foundation, mais que rien n’est permanent.

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