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Le Nouveau-Brunswick à l'ère des changements climatiques

Le Nouveau-Brunswick est la troisième province la plus polluante par habitant du pays derrière l'Alberta et la Saskatchewan.

Les enjeux dans cette province des Maritimes sont de taille. La plupart des spécialistes s'entendent pour dire que la province devra renoncer à ses deux grandes centrales d'électricité au charbon et au mazout qui contribuent à près du tiers de ses émissions polluantes et faire plutôt appel à des énergies renouvelables.

Le rôle économique que joue la raffinerie Irving Oil, l’une des plus grandes en Amérique et la plus polluante au pays, est aussi non négligeable. C’est d’ailleurs à cette raffinerie de Saint-Jean, dans le sud de la province, que TransCanada souhaite acheminer par oléoduc du pétrole albertain.

Le premier ministre Brian Gallant se dit prêt à tout mettre en oeuvre pour redresser la situation, mais ne voit pas de contradiction à promouvoir l’oléoduc Énergie Est.

« En effet, un pipeline, un oléoduc, comme celui d'Énergie Est ferait en sorte qu'on aurait un transport en sécurité du pétrole et un transport qui n'émettrait presque aucun gaz à effet de serre », affirme M. Gallant.

Cette position est accueillie avec scepticisme chez les environnementalistes qui s’opposent au projet d’oléoduc.

« Je ne vois pas comment on peut concilier ces deux positions-là. Si on est réellement engagés vis-à-vis la lutte aux changements climatiques, comment est-ce qu'on peut à la fois proposer et encourager le développement d'énergie fossile qui sont à la source même du problème? », demande le porte-parole de grand Moncton post-carbone, Michel Desjardins.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick confirme qu'il ira de l'avant avec la tarification du carbone d'ici 2018 tel que souhaité par Ottawa. Brian Gallant s'engage aussi à déposer un plan d'action sur les changements climatiques sous peu avec des mesures concrètes.

Mais alors que la plupart des ministres de l'Environnement du pays sont présents à Marrakech dans le cadre de la Conférence sur le climat, celui du Nouveau-Brunswick est absent.

« Le ministre de l'Environnement de l'Alberta, de Saskatchewan, Manitoba, l'Ontario, de Québec de Terre-Neuve tous sont là, mais pas le ministre du Nouveau-Brunswick », clame le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon.

D’après le reportage d’Élisa Serret

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