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Le nouveau commissaire fédéral à l'éthique a du pain sur la planche

Le nouveau commissaire fédéral à l'éthique, Mario Dion, aura fort à faire en reprenant le flambeau de Mary Dawson, en poste depuis 10 ans, et qui vient de terminer son mandat en s'attaquant aux questions des possibles conflits d'intérêts du ministre des Finances, Bill Morneau, et du premier ministre, Justin Trudeau.

Se décrivant lui-même comme extroverti, M. Dion entend transformer la façon dont le commissariat communiquera avec le public.

Pas question, toutefois, d'aller un peu trop vite en affaires en communiquant des informations avant le moment opportun, a-t-il précisé en entrevue vendredi à l'émission Midi Info sur ICI Radio-Canada Première : « C'est un domaine où la confidentialité est de mise jusqu'à ce que nous soyons rendus à une certaine étape. »

Le nouveau commissaire prévoit néanmoins en faire davantage lors de la publication des rapports, avec « un rôle plus actif », dit-il.

Morneau toujours d'actualité

Parallèlement à ce nouveau rôle en matière de communication, M. Dion a trouvé quatre dossiers « actifs » à son arrivée dans l'ancien bureau de Mme Dawson. Parmi ceux-ci, on compte l'imbroglio dans lequel est impliqué le ministre Morneau, dans la foulée d'un projet de loi qui pourrait avoir eu un impact sur l'entreprise familiale du ministre.

Après une révision des démarches entamées par sa prédécesseure, le commissaire Dion pourrait reprendre rapidement les travaux de son équipe dans ce dossier.

Faudra-t-il revoir la loi concernant les ministres et leurs entreprises?

« Au bout de trois jours et demi en poste, c'est encore un peu tôt pour me prononcer... Ce sont des questions d'interprétation assez complexes », estime M. Dion.

Donner du mordant au commissariat

En 2013, Mary Dawson avait présenté une série de propositions visant à donner un peu plus de mordant aux avis du commissariat à l'éthique, qui ont pour l'instant d'éventuelles conséquences politiques, mais pas juridiques.

Dans des propos rapportés d'abord par le Globe and Mail, M. Dion tranche avec cette position, lui qui dit être éventuellement intéressé à l'ajout de conséquences « pénales » à de possibles violations aux lois sur l'éthique.

Enfin, le nouveau commissaire se dit également en faveur d'une autre proposition de sa prédécesseure, soit l'élimination de la clause sur l'amitié inscrite dans la loi sur les conflits d'intérêts.

La question des relations entre l'Aga Khan et le premier ministre Trudeau devrait donc continuer à faire couler de l'encre en 2018, s'il n'en tient qu'à Mario Dion.

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