Le Nouveau Parti démocratique peine toujours à se relever de la défaite crève-coeur d'octobre 2015. Entre un chef désavoué par ses membres et une longue course à la direction sans candidats, le caucus doit trouver, pendant sa rencontre à Montréal cette semaine, une façon de relancer une formation politique enlisée. Voici un aperçu des difficultés que le NPD doit surmonter.

Un texte de Louis Blouin

Thomas Mulcair est dans une position inconfortable. Il a accepté de rester en poste jusqu'à ce qu'un nouveau chef soit choisi, même si les membres du parti lui ont montré la porte dans une proportion de 52 % en avril

D'anciens et d'actuels députés du NPD ont récemment réclamé son départ en coulisses. Ils seraient insatisfaits de son engagement et lui reprocheraient son absence à de grands événements pendant l'été.

Sans réclamer son départ, le député Nathan Cullen, un vétéran, envoie quand même un message. 

À l'émission The House sur les ondes de CBC, jeudi dernier, M. Mulcair a confirmé son intention de rester à la barre. Depuis, il est silencieux sur son avenir et a refusé notre demande d'entrevue à ce sujet.

En théorie, Thomas Mulcair sera en poste jusqu'à la fin de la longue course à la direction de l'automne 2017. Résultat : le NPD aura à sa tête un chef affaibli pour encore un bon moment. Ces frustrations à l'interne ajoutent aux distractions et au malaise à quelques jours de la reprise des travaux parlementaires.

Course sans candidats

Pour l'instant, le parti ne peut pas compter sur sa course à la direction pour créer une impulsion. Aucun candidat ne s'est encore lancé officiellement même si la course est ouverte depuis le 2 juillet. Jusqu'ici, il n'y a que des candidats pour annoncer qu'ils ne tenteront pas de remplacer Thomas Mulcair.

Des étoiles montantes comme Nathan Cullen et Alexandre Boulerice ont choisi de se tenir en retrait pour des raisons familiales. Même si son nom circulait dans le camp néo-démocrate, l'ancienne députée d'Halifax Megan Leslie ne briguera pas non plus la direction.

Peu importe qui sera le prochain chef, il devra jouer le rôle de rassembleur. Le dossier de l'exploitation des ressources pétrolières a divisé les troupes du NPD au dernier congrès.

Claude Denis, professeur en sciences sociales à l'Université d'Ottawa, estime que le parti doit « trouver la façon de refaire un discours qui résonne au Québec francophone et au Canada dans l'ensemble. C'est un grand défi ».

Baisse de popularité

Si le NPD était momentanément en tête pendant l'élection de 2015, le portrait est tout autre aujourd'hui. Son niveau d'appui dans les sondages est en moyenne de 13,7 % depuis l'élection de 2015.

Par ailleurs, les chiffres au deuxième trimestre montrent que les néo-démocrates sont loin des libéraux et des conservateurs en matière de financement. Dans les six premiers mois de 2016, les dons au NPD ont chuté de 4 millions de dollars.

Se démarquer des libéraux

Le NPD doit aussi composer avec l'érosion d'une partie de sa base au profit du Parti libéral qui tente de se positionner à gauche sur plusieurs enjeux.

Selon un coup de sonde de la firme Abacus Data, mené du 22 au 25 août dernier auprès de 1650 internautes, 21 % des électeurs qui ont voté pour le NPD en 2015 appuieraient aujourd'hui les libéraux. Françoise Boivin, ancienne députée néo-démocrate et chroniqueuse politique, pense que le NPD devra définir clairement son identité face à l'adversaire libéral très populaire.

Le professeur Claude Denis pense que tout n'est pas perdu. « Le gouvernement Trudeau ne va pas rester aussi populaire qu'il l'est présentement jusqu'à la fin des temps », dit-il. Il prédit qu'une partie des gens plus « à gauche » vont à terme s'éloigner du Parti libéral à cause de certaines prises de position centristes.

« La question c'est : est-ce que le NPD va être positionné à ce moment-là pour attraper ces gens-là? On ne peut pas le savoir tout de suite », ajoute-t-il. 

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