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Le NPD dépeint Trudeau comme un vire-capot en matière de finances publiques

Fort de sa promesse d'équilibrer le budget fédéral dès l'an prochain, le Nouveau Parti démocratique de Thomas Mulcair attaque de plein front le Parti libéral de Justin Trudeau en raison de sa position sur l'équilibre budgétaire.

Après avoir clairement annoncé en début de semaine qu'il n'entendait pas équilibrer le budget l'an prochain, M. Trudeau a finalement confirmé jeudi matin qu'un gouvernement libéral n'équilibrerait pas les comptes publics avant 2019.

Il affirme qu'il importe d'investir dans l'économie, dans les infrastructures et dans la classe moyenne afin de créer de la croissance.

Mais avant même qu'il ne précise cet objectif, M. Trudeau avait été pris à partie en début de journée par Andrew Thomson, l'ex-ministre des Finances de la Saskatchewan qui défend les couleurs du NPD dans la circonscription torontoise d'Eglinton-Lawrence.

En matière de finances publiques, a fait valoir celui que M. Mulcair a présenté comme son futur ministre des Finances, Justin Trudeau et le Parti libéral n'ont aucune cohérence.

« En 2008, pendant la première récession qu'a affrontée Stephen Harper, M. Trudeau disait qu'il n'était pas nécessaire de faire de déficits. En 2010, il a critiqué le gouvernement pour ses dépenses trop importantes », a-t-il dit.

« Trois ans plus tard, il a dit : "ne vous inquiétez pas, le budget va s'équilibrer tout seul". Cette année, il évite de dire s'il va équilibrer le budget. En avril, il disait : "équilibrons le budget"; maintenant, il dit : "peut-être ne devrions-nous pas nous soucier d'équilibrer le budget". »

Trudeau contre-attaque; Harper en rajoute

Justin Trudeau n'a pas mis de temps à contre-attaquer à ce sujet. « M. Mulcair doit être très prudent lorsqu'il parle de constance », a-t-il lancé lors d'un point de presse tenu à Oakville.

« Depuis le début, pas seulement lors de la course à la direction du Parti libéral, j'ai toujours parlé de la nécessité d'investir dans les Canadiens, de soutenir la classe moyenne pour faire de la croissance notre priorité pour le Canada », a-t-il répliqué.

Le chef conservateur Stephen Harper s'est aussi invité dans ce débat en déclarant que Justin Trudeau « ne sait pas de quoi il parle » lorsqu'il est question de finances publiques, en affirmant lui aussi que le chef libéral avait déjà prétendu que le budget allait s'équilibrer seul.

« Vous pouvez être certains que ces petits déficits vont devenir d'importants déficits et que le Canada reviendra à un régime de taxes élevées et de programmes supprimés, comme c'était le cas sous le dernier gouvernement libéral », a-t-il dit dans un point de presse à Markham, en banlieue de Toronto.

M. Harper concède qu'il a lui-même plongé le Canada en déficit dans la foulée de la crise économique qui a frappé le pays en 2008, mais il soutient que la situation économique était bien différente de celle qui prévaut aujourd'hui.

« Nous faisions face à un effondrement du système financier mondial en 2008-2009, pas seulement à une baisse de l'activité économique. [...] Ma formation en économie me dit que c'est alors le temps de faire un déficit », a-t-il dit.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, estime que Thomas Mulcair « est en train d'imiter M. Couillard [le premier ministre du Québec, NDLR] et M. Harper », en parlant d'un budget équilibré, pendant qu'Andrew Thomson évoque de possibles compressions. « En période de récession, c'est proprement imbécile, c'est la pire des choses à faire. Ça va accentuer le déclin économique et la crise économique », a déclaré M. Duceppe lors d'un passage à Saint-Gédéon, dans la circonscription de Lac-Saint-Jean.

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