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Le NPD investit le terrain de la loi et de l'ordre

Un gouvernement néo-démocrate investirait plus d'un demi-milliard de dollars dans de nouvelles mesures visant à accroître la sécurité publique, a promis mercredi Thomas Mulcair, lors d'un point de presse tenu à Surrey, en Colombie-Britannique.

Le chef du NPD s'est engagé à investir 250 millions de dollars pour rétablir le Fonds de recrutement des policiers, aboli par le gouvernement conservateur de Stephen Harper il y a deux ans, puis à le financer à hauteur de 100 millions par année.

L'objectif ultime de ces mesures est « d'ajouter au moins 2500 policiers dans nos rues », a dit Thomas Mulcair. Cela nécessitera toutefois des négociations sur un « financement stable et pluriannuel » avec les provinces, les territoires, les municipalités et les Premières Nations.

Le Fonds de recrutement de policiers, mis en place en 2008, visait précisément à recruter 2500 policiers dans l'ensemble du pays. Ottawa avait consacré 400 millions de dollars à son financement dans le cadre d'un programme visant à maintenir la loi et l'ordre.

Ce sont cependant les provinces qui avaient la responsabilité de décider comment cet argent serait dépensé. Le Québec avait par exemple reçu 92 millions, qui avaient été utilisés pour mettre sur pied l'escouade Éclipse, à Montréal, et des escouades régionales mixtes dans d'autres villes.

Lors de son abolition, en février 2013, des corps policiers avaient d'ailleurs soutenu que sa disparition menaçait notamment des escouades consacrées à la lutte antigang et des corps policiers autochtones.

L'annonce de cet engagement n'a pas été faite à Surrey par hasard : Thomas Mulcair a souligné que la municipalité avait été le théâtre de 36 fusillades entre mars et juin. Qui plus est, le candidat de la circonscription de Fleetwood-Port Kells, qui comprend Surrey, Gary Begg, est un policier qui a travaillé pendant 38 ans à la GRC.

Thomas Mulcair a assuré que M. Begg jouerait « un rôle-clé dans un gouvernement néo-démocrate », sans aller jusqu'à dire qu'il pourrait lui confier le poste de ministre de la Sécurité publique.

Invité à commenter l'engagement de M. Mulcair, le chef libéral Justin Trudeau a estimé qu'il s'agissait d'une « excellente idée », soutenant qu'elle avait en fait été adoptée par des libéraux à l'origine.

« Nous devons assurer la sécurité de nos communautés, avec des policiers en première ligne et en soutenant les organisations communautaires », a-t-il ajouté, avant de préciser qu'il parlerait de sécurité publique ultérieurement.

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Mulcair rattrapé par une vieille déclaration

Bien qu'il se trouvait à quelque 5000 kilomètres de Québec, Thomas Mulcair a dû commenter des déclarations faites il y a 14 ans alors qu'il siégeait à une commission parlementaire de l'Assemblée nationale à titre de député libéral provincial de Chomedey.

Dans une vidéo de 2001 qui a fait son apparition sur les médias sociaux mardi, et qui a été rediffusée par le quotidien La Presse, on peut l'entendre critiquer l'interventionnisme de l'État en vantant le succès des réformes de l'ex-première ministre britannique Margaret Thatcher.

« Jusqu'au temps de Thatcher [...] le gouvernement avait son nez dans tout. Un vent de liberté et de libéralisme dans les marchés a soufflé en Angleterre et, au lieu d'être un des pays les moins performants dans toute l'Europe, c'est devenu un des pays les plus performants », y dit-il, entre autres.

« Ça fait plus de 35 ans que je fais de l'administration publique, et j'ai toujours dit la même chose. Je cherche à rendre les meilleurs services possible au public. Il y a des choses qui marchent, et des choses qui ne marchent pas », a commenté mercredi le chef néo-démocrate.

« Dans mon expérience, c'est mieux d'aller en faveur des choses qui fonctionnent. Alors mon expérience me commande de réduire les inégalités dans notre société, en créant des programmes qui vont servir le public. C'est mon bilan, et j'en suis assez fier. »

Peu après, M. Muclair a défendu son idée de créer ou maintenir un million de places en garderie en citant une étude de l'économiste Pierre Fortin selon laquelle le programme québécois avait été profitable sur le plan économique, puisqu'il a permis à 70 000 femmes, bénéficiant souvent de programmes sociaux, de retourner sur le marché du travail.

M. Trudeau n'a pas voulu commenter les propos tenus à l'époque par M. Mulcair. « J'ai eu la chance de rencontrer Mme Thatcher quand j'étais jeune », a-t-il ajouté au passage. « Elle était très gentille envers moi, mais je peux vous dire très clairement que je n'ai jamais appuyé ses politiques. »

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