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Le NPD réclame une enquête sur la torture de Canadiens en Syrie

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) veut que la lumière soit faite sur le rôle joué par le Canada dans la détention et la torture de trois Canadiens par la Syrie au début des années 2000.

Des documents secrets obtenus par Radio-Canada et CBC révèlent que de 2001 à 2004, trois Canadiens de confession musulmane, Abdullah Almalki, Ahmad Elmaati et Muayyed Nureddin, ont été emprisonnés et torturés en Syrie avec la complicité des autorités canadiennes. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) les soupçonnaient d'appartenir à Al-Qaïda.

Évoquant ces « allégations très graves » visant deux agences canadiennes lors de la période de questions, à l'occasion de la reprise parlementaire, la porte-parole du NPD en matière d'Affaires étrangères, Hélène Laverdière, a réclamé une enquête.

Sa requête s'est heurtée à une fin de non-recevoir.

Deux commissions se sont penchées sur ces questions et plusieurs de leurs recommandations ont été mises en place, a répondu le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Vers la création d'un comité de supervision

Le ministre Goodale a en outre assuré qu'une de leurs recommandations importantes qui n'avait pas encore été mise en place, soit celle de créer un comité de supervision formé de parlementaires, serait suivie.

Sa réponse n'a pas satisfait la députée de Laurier-Sainte-Marie. « La torture, c'est immoral, c'est inefficace », a-t-elle dit à la sortie de la période de questions. « On sait que les renseignements obtenus sous la torture ne sont souvent pas très valides. [...] En plus, ça contredit tous nos engagements internationaux. »

Une directive ministérielle permet au SCRS d'utiliser les renseignements obtenus sous la torture dans certaines conditions. Adoptée sous les conservateurs en 2010, elle est toujours en vigueur sous le gouvernement de Justin Trudeau.

Abdullah Almalki, Ahmad Elmaati et Muayyed Nureddin poursuivent le gouvernement. Leur cause doit être entendue en janvier 2017.

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