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Le NPD veut réduire les émissions de GES de 34 % sous le niveau de 1990 d'ici 2030

S'il est élu, le Nouveau Parti démocratique (NPD) promet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 34 % sous le niveau de 1990 d'ici 2030 et de 80 % d'ici 2050, deux objectifs de son plan de lutte contre les changements climatiques qu'il a présenté dimanche.

Pour y arriver, le chef Thomas Mulcair propose aussi de créer un système de plafonnement et d'échange des GES, dont les revenus seraient redistribués aux provinces pour leur permettre de mieux combattre les changements climatiques.

« C'est un système qui fonctionne, qui a fait ses preuves, [...] qui va encourager nos entreprises à innover », a-t-il assuré devant quelque 300 partisans réunis à Toronto.

Il rappelle que cette formule de plafonnement et d'échange a fait ses preuves durant les années 1990 pour les pluies acides. Le problème s'est réglé lorsque les entreprises ont réalisé qu'il coûtait trop cher de continuer à polluer en émettant du dioxyde de soufre que de changer leurs technologies, a-t-il illustré.

Un prix à fixer

Le chef néo-démocrate a toutefois été incapable de chiffrer ce que serait un prix sur le carbone. C'est le marché qui se chargera de le faire, a-t-il indiqué. Le plafond des émissions de GES imposé aux entreprises reste lui aussi à déterminer.

Dans un marché du carbone, un quota d'émissions des GES est fixé par le gouvernement. Les grandes entreprises qui dépassent les droits d'émission qui lui sont alloués peuvent en acheter auprès d'autres entreprises plus performantes. Au Québec, par exemple, le plafond annuel d'émissions  a été fixé en 2015 à 65,3 millions de tonnes d'équivalents CO2. Chaque tonne s'échange entre 12 $ et 15 $.

Le NPD avait déjà promis pendant la campagne électorale d'établir un marché du carbone à l'échelle du pays, ce qu'il leur avait valu les critiques de leurs adversaires politiques. Le chef libéral Justin Trudeau avait d'ailleurs déclaré qu'il s'agissait d'un « manque de respect pour les provinces ».

Le NPD a affirmé dimanche que les provinces qui ont déjà un plan pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre auront le droit de se retirer du plan national, à condition que leurs objectifs leur permettent d'atteindre ou de dépasser les cibles du NPD. « L'Ontario et le Québec sont de bons exemples », a-t-il précisé, en allusion à la bourse du carbone qu'ils partagent déjà avec la Californie. 

La Colombie-Britannique et l'Alberta, qui ont décrété une taxe carbone, auraient aussi une porte de sortie. 

Le parti de Thomas Mulcair souhaite ainsi rétablir la « crédibilité environnementale du Canada » sur la scène internationale et promouvoir un marché du carbone sur l'ensemble du continent.

S'il est élu, l'une des premières tâches du chef néo-démocrate en tant que premier ministre serait d'ailleurs d'assister à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris, à laquelle il convierait également des porte-parole de l'opposition et des membres de la société civile. 

Un plan critiqué

Selon le candidat conservateur Denis Lebel, le plan du NPD ne « tient pas la route » et ne fera que coûter cher aux Canadiens.

« Le plan du NPD, c'est des taxes, des taxes et encore des taxes. C'est une façon d'aller chercher encore plus d'argent dans les poches de la population [...] Aujourd'hui, on voit arriver un plan qui va augmenter le prix de tout ce qui est biens de consommation. »

La candidate libérale Michèle Audette a pour sa part reproché au NPD de vouloir imposer un système unique aux provinces, au lieu de travailler avec elles pour voir ce qui leur conviendrait le mieux afin de réduire leurs émissions de GES.

Bien que les cibles du NPD soient les mêmes que le Québec, le chef du Bloc québécois (BQ), Gilles Duceppe, avait deux reproches à faire à Thomas Mulcair. « Il vaudrait mieux, je pense, faire en sorte que toutes les provinces canadiennes s'intègrent dans ce plan pour que ce soit une bourse nord-américaine », a-t-il d'abord commenté. 

Il a ajouté que le NPD devrait aussi tenir compte dans l'application de son plan des particularités de chaque province. « On l'a toujours dit dans le passé. Le Québec en a fait plus que l'Alberta, il faut tenir compte de ça. Sinon, c'est le pollueur payé, pas le polluant payant. Il y a une différence majeure », a-t-il déclaré.  

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