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Le parcours politique de Stephen Harper en 10 mots

L'ex-premier ministre Stephen Harper, qui vient aussi de démissionner de son poste de député à la Chambre des communes, a effectué de nombreuses réalisations tout au long de sa carrière; parfois des réussites, parfois des échecs. En 10 mots, le politologue au campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta, Frédéric Boily, résume son parcours politique.

Ouest

Il s'agit du mot qui symbolise bien le programme politique de Stephen Harper. Celui-ci est parvenu à concrétiser, en 2011, le projet politique du Parti réformiste de Preston Manning d'amener l'Ouest à Ottawa avec un gouvernement majoritaire. C'est ainsi que la thèse de l'aliénation de l'Ouest, très présente dans les années 80, n'a cessé de reculer de 2006 à 2015, au point de disparaître presque complètement du discours des acteurs politiques albertains.

Selon Frédéric Boily, ce serait l'une des plus grandes réussites de Stephen Harper.

Québec

Avec le Québec, c'est un rendez-vous manqué. Après avoir promis un fédéralisme d'ouverture en 2006 et avoir reconnu cette même année le Québec comme « une nation au sein d'un Canada uni », les conservateurs espéraient se réconcilier avec les Québécois et faire ainsi des gains électoraux plus importants, soit de remporter entre 15 et 20 circonscriptions.

Mais la personnalité et le programme politique des conservateurs rebutaient trop d'électeurs québécois.

Droite

La réunion des deux courants de la droite en 2000, soit l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur, constitue l'accomplissement le plus important de Stephen Harper, selon Frédéric Boily. Rappelons qu'au tournant des années 2000, la droite était profondément divisée.

Animé par une vision politique, M. Harper a réussi à gagner trois élections, phénomène rare pour les conservateurs fédéraux. Par ailleurs, l'ex-premier ministre du Canada laisse derrière lui un parti solide, malgré la défaite des conservateurs en 2015.

Repositionnement

Stephen Harper voulait que le Canada tourne le dos à l'approche libérale, qui était d'être un « honnête intermédiaire » et un pays de Casques bleus.

Il a cherché à repositionner le Canada comme un pays qui défend ses intérêts, qui participe aux missions militaires, tout en prenant des positions claires et fermes sur les questions internationales. Cela a pu être constaté lorsqu'il a été question de la Russie, ou encore du protocole de Kyoto.

Si cela plaisait aux troupes conservatrices, l'image du Canada à l'étranger en sortait ternie, précise Frédéric Boily.

Pipelines

Stephen Harper a échoué à faire avancer les dossiers relatifs à la construction de pipeline. Il a cristallisé les positions antipipelines des environnementalistes et des Autochtones contre différents projets.

La construction de pipelines est maintenant paralysée.

Religion

Lorsque Stephen Harper est arrivé au pouvoir, la question de l'influence des groupes religieux a été au cœur des débats.

Pourtant, il est lui-même resté discret sur la question. Les conservateurs sociaux ou religieux n'ont pas réalisé de gains politiques sur la question de l'avortement ni sur la question du maintien de la définition traditionnelle du mariage.

Sénat

Un autre dossier où le premier ministre a échoué, selon Frédéric Boily. La réforme avec un Sénat plus représentatif et moins partisan était une demande de la classe politique albertaine. Or, non seulement la réforme ne s'est jamais produite, mais l'affaire Mike Duffy, malgré son acquittement, a terni la réputation du Sénat.

Équilibre 

Au gouvernement, Stephen Harper a imposé l'atteinte de l'équilibre budgétaire comme étant le but premier à atteindre.

Les conservateurs les plus à droite lui reprochent cependant de ne pas avoir su limiter assez les budgets de l'État, ce qui n'est pas faux étant donné que les conservateurs ont réagi à la crise financière avec un plan de relance en 2009.

États-Unis

Arrivé au pouvoir avec la volonté de renouveler la coopération avec les États-Unis, Stephen Harper a vu au contraire les relations avec le voisin du sud se refroidir.

Le rejet du pipeline Keystone XL, quelques semaines après la défaite des conservateurs à l'élection de 2015, était symbolique de l'état des relations entre les deux gouvernements.

Israël

Rarement un premier ministre aura-t-il été aussi prêt à prendre la défense d'Israël. Loin d'appuyer ce pays à de seules fins électoralistes, cette défense s'inscrivait dans sa vision de l'histoire politique du 20e siècle, où les démocraties doivent lutter contre les dictatures. Pour Stephen Harper, Israël poursuit ce combat aujourd'hui contre les forces de l'islamisme radical.

Le Canada de Stephen Harper

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