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Le Parti conservateur annonce une enquête sur la candidature de Rick Dykstra

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, annonce la tenue d'une enquête indépendante pour faire la lumière sur la candidature de Rick Dykstra, en 2015. Il était candidat à l'élection fédérale pour les conservateurs, malgré l'allégation d'agression sexuelle qui pesait contre lui.

Le chef conservateur a convoqué la presse avec un préavis d'une trentaine de minutes, après la période des questions, pour en faire l'annonce. Il n'a pas voulu expliquer quand la décision avait été prise ni si elle avait été prise pour calmer la grogne de certains de ses députés.

Lors du point de presse, il a précisé que le parti allait renforcer le code de conduite de son personnel, en plus de mettre en place une formation. Les candidats y seront également assujettis.

Andrew Scheer a aussi assuré que les résultats de l'enquête indépendante seront rendus publics dès qu'ils seront disponibles.

Rick Dykstra, qui agissait jusqu'à tout récemment comme président du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, a remis sa démission dimanche.

Selon le magazine Macleans, une jeune employée du Parti conservateur à Ottawa l'a accusé d’agression sexuelle en 2014, au moment où il était député au fédéral. Elle aurait porté plainte contre lui auprès de la Police d’Ottawa, pour ensuite demander l’abandon des procédures. Aucune accusation n’avait été déposée à l’époque contre M. Dykstra.

Radio-Canada n’a pas été en mesure de vérifier les allégations contre M. Dykstra.

Au courant de la journée, des élus avaient exprimé leur frustration devant la décision des stratèges conservateurs de permettre au député sortant Rick Dykstra de se représenter sous la bannière du parti en 2015 en sachant qu'il était visé par des allégations d'agression sexuelle.

Des élus réclament des explications

Les députés Maxime Bernier et Marilyn Gladu étaient du nombre. À son arrivée à la réunion hebdomadaire du caucus, le Beauceron affirmait qu'il comptait réclamer des explications au Parti conservateur, allant jusqu'à montrer du doigt son ancien chef Stephen Harper.

Et lorsqu'on lui a demandé qui était responsable de cette décision, il a dit qu'« ultimement », le feu vert était donné « par le parti, avec le chef du parti », décochant ainsi une flèche à l'endroit de Stephen Harper, qui tenait les rênes de la formation à l'époque.

Un peu plus tard, avant la période des questions, sa collègue Mme Gladu avait abondé dans le même sens et suggéré qu'une enquête devait être ouverte pour aller au fond des choses, « parce qu'on ne peut aller de l'avant si on ne sait pas ce qui est arrivé dans le passé ».

L'idée de déclencher une investigation ne semblait pas en rallier beaucoup au sein des troupes conservatrices, pas plus que l'idée d'en discuter avec les journalistes : bon nombre de députés, incluant le chef Scheer, ont fui les caméras après la réunion du caucus.

Ceux qui ont répondu aux questions véhiculaient ce qui était alors la ligne du parti. Lisa Raitt, Erin O'Toole, Gérard Deltell et Alain Rayes, notamment, ont plaidé que la page était tournée et se montraient pour le moins tièdes à l'idée d'ouvrir une enquête.

« Notre chef a été catégorique par rapport à ça. [...] Quelqu'un qui poserait des gestes, si on avait accès à de l'information de ce type-là, ne pourrait pas être candidat, ne pourrait pas siéger à l'intérieur du Parti conservateur », a offert M. Rayes en matinée.

Son collègue Deltell avait peu après argué qu'il fallait « absolument penser d'abord aux victimes, et quand le malheur nous frappe, agir convenablement », que des questions devaient certes être posées, mais que parler d'une enquête était « un grand mot ».

Le député O'Toole avait pour sa part fait valoir qu'une « chasse aux sorcières à rebours » ne l'intéressait guère.

Et Lisa Raitt, de son côté, insistait sur le fait que le passé n'était pas garant de l'avenir, et que le chef Scheer contrôlait la situation. « Ce n'est pas parce qu'une chose s'est produite dans le passé que les choses se passeront de la même manière dans le futur », a-t-elle dit.

En début de semaine, l'élue conservatrice Michelle Rempel a profité d'un débat en Chambre pour fustiger les autorités de son parti. « Ce qui est arrivé est dégoûtant », a-t-elle lancé, disant que les responsables de la sélection des candidats de 2015 devraient avoir « honte ».

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