Retour

Le Parti conservateur uni pressé de débattre de la fin du financement de l’avortement

Une politique proposant de cesser le financement de l'avortement se retrouve sur la liste finale des politiques qui seront débattues au congrès du Parti conservateur uni (PCU), cette fin de semaine, à Red Deer. Le groupe albertain antiavortement The Willberforce Project est derrière cet effort.

La politique no. 477 demande de « réviser les procédures définies comme "médicalement nécessaires" et retirer les procédures qui ne s’y conforment pas de la couverture d’assurance-maladie provinciale ».

Même si l’énoncé ne mentionne pas spécifiquement l’avortement, le groupe The Wilberforce Project affirmait dans un courriel envoyé le mois dernier que « cette proposition pourrait mener à la fin du financement de l’avortement ».

La politique s’est glissée parmi un groupe finaliste de 250 propositions, mais une source au sein du Parti conservateur uni affirme qu’elle se trouve au bas de la liste et pourrait ne pas être débattue.

Dans un courriel daté du 13 avril, le groupe antiavortement pressait ses membres de se procurer une carte de membre du PCU avant la date limite, afin de voter pour des politiques pro-vie et élire des membres pro-vie sur le conseil d’administration du congrès à Red Deer.

En entrevue, Stephanie Fennelly affirme que son groupe n’a pas soumis cette politique, mais elle croit que les Albertains appuieraient la fin du financement public de l’avortement. « C’est une procédure facultative et si elle ne met pas en danger la santé de la mère, évidemment les Albertains seraient intéressés de ne pas financer des procédures facultatives », affirme-t-elle.

La ministre de la Santé de l’Alberta, Sarah Hoffman, affirme que l’avortement est légal au Canada et qu’il est financé publiquement depuis 30 ans. Elle affirme qu’il est nécessaire que les femmes puissent faire leurs propres choix en matière de santé.

« De dire que vous appuyez ce choix sans avoir le financement nécessaire pour effectuer ce choix revient à le retirer d’un nombre de femmes qui pourraient en avoir besoin », affirme Sarah Hoffman.

Un processus influencé par les membres

Le Parti conservateur uni a décidé, dans le cadre de son processus de développement des politiques, de permettre à ses membres de soumettre des propositions. Selon son chef Jason Kenney, 1300 propositions ont été soumises. Un document distribué en mars faisait état de près de 800 politiques et amendements. La liste a été réduite à 250 propositions, placées en ordre de popularité à la suite de sondages auprès des membres.

Toutes les politiques ne pourront être débattues cette fin de semaine par manque de temps, selon Jason Kenney. Le chef conservateur affirme que son parti compte plus de 100 000 membres, donc beaucoup de personnes vont voter sur ces propositions.

« Je crois que c’est ce qui va arriver », continue Jason Kenney. « Je ne veux pas me prononcer d’avance, car j’ai été très ferme dans ma résolution de ne pas m’insérer dans le processus. »

The Wilberforce Project, ainsi que Parents for Choice in Education, un groupe qui s’est battu contre les alliances gais-hétéros dans les écoles albertaines, ont tous deux encouragé leurs membres à prendre part à ces sondages. Ils ont demandé à leurs membres de voter pour des politiques, notamment d’avertir un parent lorsqu’un enfant se joint à une telle alliance et d’appuyer les définitions traditionnelles du genre et du mariage.

Ces deux propositions ne se sont pas retrouvées sur la liste finale des propositions du PCU, selon une source au sein du parti. La liste finale des propositions ne sera pas dévoilée avant le début de la conférence vendredi.

Des inquiétudes chez les pro-choix

Ces politiques soulèvent toutefois des inquiétudes auprès des militants pro-choix, des groupes de femmes et de la communauté LGBTQ sur l’effet que pourrait avoir Jason Kenney s’il est élu premier ministre. Même s’il est personnellement opposé à l’avortement, Jason Kenney affirme qu’il ne changerait pas le statu quo.

Stephanie Fennelly, du Wilberforce Project, a esquivé la question de cesser le financement de l’avortement grâce à Jason Kenney. Elle affirme que contrairement à d’autres politiciens, celui-ci tient compte du point de vue de son groupe.

La ministre de la Santé indique toutefois que le groupe croit réellement en ses chances. « Ils encouragent les gens à acheter des cartes de membres pour appuyer Jason Kenney et ils croient qu’on leur doit quelque chose. Je ne suis pas surprise qu’ils s’organisent », affirme Sarah Hoffman.

La ministre affirme que son gouvernement a été le premier à financer le Mifegymiso, un médicament qui permettent d’obtenir un avortement sans se rendre dans une clinique. Un gouvernement opposé à l’avortement pourrait cesser le financement de ce médicament, en plus de limiter l’accès aux avortements en clinique, selon elle.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Une mère et son fils offrent une danse inoubliable





Rabais de la semaine