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Le Parti libéral albertain en mal de moyens pour combler ses ambitions

Gonflés à bloc et les yeux rivés sur la prochaine élection : c'est ainsi que les libéraux albertains se sont présentés à l'assemblée générale annuelle du parti, samedi à Calgary. Convaincus de jouir d'une popularité grandissante auprès des jeunes électeurs, les libéraux provinciaux devront toutefois affronter une pente abrupte pour devenir la « troisième voie modérée » dont rêve, selon eux, une majorité d'Albertains.

Un texte de Sébastien Tanguay

« Dès que cette horrible température va cesser, nous serons dehors pour rencontrer les citoyens! », promet Graeme Maitland, devenu, à 28 ans, le nouveau président du Parti libéral albertain.

Nouveau président et nouveau directeur des communications : les libéraux font peau neuve et ne cachent plus leurs ambitions.

« Nous sommes la seule alternative modérée au NPD et au Parti conservateur uni », répètent comme un mantra les responsables du parti, qui misent sur le trop-plein des électeurs face à la polarisation gauche-droite de la politique provinciale pour rafler les suffrages en 2019.

La tâche, cependant, s'annonce ardue.

Plusieurs obstacles devant les libéraux

Le seul élu du parti, David Swann, prendra sa retraite à la fin de son mandat. Le chef actuel, David Khan, peine à se faire élire, ayant subi un cuisant revers face à Jason Kenney en décembre.

Et le Parti albertain, dont la notoriété supplante celle des libéraux depuis l'élection de leur nouveau chef, l'ancien maire d'Edmonton Stephen Mandel, semble décider à camper sur la même case que le Parti libéral sur l'échiquier électoral.

« Les autres partis ont une très grande longueur d'avance sur les libéraux, croit Frédéric Boily, politologue à l'Université de l'Alberta. Avec le Parti conservateur uni, on sait exactement où on loge en matière de pipelines et de taxe sur le carbone. Le parti de Stephen Mandel semble déjà vouloir rallier les électeurs qui se désintéressent des extrêmes. Que reste-t-il aux libéraux? »

Un parti en pleine croissance, selon ses responsables

L'ancien chef libéral David Swann croit que sa bannière politique connaît présentement un véritable printemps politique.

Cet optimisme est aussi palpable dans les propos du chef, David Khan.

« Tous les partis connaissent des périodes creuses, rappelle-t-il. Nous, nous sommes en pleine croissance! Les jeunes s'intéressent à nos idées, partout dans la province. »

Savoir avec quel adversaire en découdre

Selon Frédéric Boily, même si le parti affiche de grandes ambitions devant les médias, il devra, en coulisse, faire preuve de beaucoup plus d'humilité.

« Ils doivent se fixer des objectifs réalistes et atteignables », maintient le politologue.

« Le Parti libéral devra tout d'abord identifier son adversaire politique, conclut Frédéric Boily. S'il veut en découdre avec les néodémocrates ou les conservateurs unis, c'est une grosse bouchée. S'il veut plutôt mettre le Parti albertain hors jeu, leur stratégie devra être complètement différente. Tant que les libéraux ne sauront pas qui ils ont envie d'affronter, ce sera extrêmement difficile, pour eux, de trouver une voix qui leur est propre. »

D'après le reportage de Nelly Albérola

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