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Le Parti libéral du Canada se dote d'une nouvelle constitution

Les délégués du Parti libéral du Canada, réunis samedi à Winnipeg, ont adopté la nouvelle constitution du parti. 1988 délégués se sont prononcés en faveur du texte qui prévoit entre autres l'élimination des frais d'adhésion au PLC. 

Le chef Justin Trudeau a ardemment défendu la nouvelle constitution, qui, selon certains, risque de centraliser les pouvoirs.

Pour M. Trudeau, l'ancienne constitution était un « ramassis de 18 documents différents rapiécés ensemble, qui fait deux fois la taille de la Tour de la Paix [du parlement], qui donne le pouvoir à la bureaucratie » et « qui crée des conflits et une distance [...] entre les chefs de parti et la base ».

« Nous trouvons qu'il y a beaucoup de paliers dans le parti qui interfèrent dans la connexion entre la direction libérale et sa base », a-t-il ajouté en point de presse, en marge du congrès.

Des militants mécontents

Les militants ont décidé d'éliminer les frais d'adhésion pour les membres, un changement majeur dans les façons de faire du parti. Ce résultat n'était pourtant pas assuré 24 heures auparavant.

Des centaines de membres des troupes libérales se sont plaints, se sentant forcés d'accepter les nouvelles mesures. D'autres ont même été jusqu'à parler d'intimidation pour désigner les tactiques déployées au congrès pour rassembler les appuis en faveur de ce nouveau texte pour lequel ils n'avaient pas été consultés et qui leur semblait imposé par le chef et les responsables de l'exécutif national. 

Le document d'une douzaine de pages leur a été remis en avril, ce qui leur a laissé peu de temps pour l'étudier en profondeur avant le congrès. Certains membres, comme le député de Saint-Léonard-Saint-Michel, Nicola Di Iorio, se sont sentis brusqués.

Plusieurs questions demeurent en suspens, notamment l'élimination des frais annuels d'adhésion de 10 $. « Il y a des membres qui veulent savoir quelles sont les conséquences de ça », souligne Nicola Di Iorio.

Il souhaitait que son parti prenne le temps de mener une vaste consultation auprès de ses membres. M. Di Iorio affirme que ceux-ci ont été consultés avant l'élaboration du document, mais pas sur son contenu depuis qu'il a été dévoilé.

Le député québécois comptait donc voter contre cette nouvelle constitution parce qu'il juge que son parti a plus à perdre qu'à gagner en voulant aller trop vite.

« Il est fort possible que cette constitution-là soit celle que nous aurons, mais rendons-la plus forte en permettant aux gens de s'exprimer pleinement au cours des prochains mois, en ayant aussi les règlements qui la complètent; comme ça, les gens vont se prononcer en pleine connaissance de cause, dit-il. Ça rendra le résultat plus durable. »

Justin Trudeau tente de se faire rassurant

De son côté, le premier ministre avait fortement encouragé ses délégués à mettre de côté leurs réticentes et de voter en faveur de la nouvelle constitution.

Dans son discours quelques heures avant le vote, Justin Trudeau a cherché à calmer la peur de ses militants. « Si je croyais, un seul instant, que la nouvelle constitution était sur le point d'éloigner le pouvoir de la base militante, je serais de votre côté, dénonçant [la constitution]. Mais ce n'est pas le cas », a-t-il alors déclaré.

Si à la base il y avait peu d'objections quant au concept d'adhésion gratuite, des délégués se sont néanmoins montrés préoccupés par l'absence de principes ou de valeurs qui lient normalement les membres inscrits au parti.

Le parti a toutefois remédié à cette inquiétude en rajoutant un amendement contenant le préambule de l'ancienne constitution au nouveau texte.

Aide médicale à mourir

En marge de son congrès, le premier ministre a également abordé la question de l'aide médicale à mourir. Avec le projet de loi C-14 actuellement entre les mains du Sénat, M.Trudeau a bon espoir que la date butoir du 6 juin, imposée par la Cour suprême pour l'adoption d'un projet de loi, sera respectée. Cependant, si elle ne l'était pas, nombre de professionnels de la santé et d'organisations lui auraient dit craindre un accès inégal à l'aide médicale à mourir, selon les régions du pays.

« Il y aurait peut-être des gens qui devraient [y] avoir accès et qui ne trouveront pas de médecin [...] parce que la peur d'un manque d'encadrement législatif pourrait décourager des médecins d'aller de l'avant. Et c'est aussi possible que dans d'autres places [sic], il y aurait des médecins et des individus trop enthousiastes », a-t-il évoqué en point de presse.

Avec les informations de Mylène Crête

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