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Le phare de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine dans le paysage électoral

Le maire sortant de Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine, Joël Côté, tente d'obtenir un troisième mandat à la mairie. Il affronte la directrice générale du site touristique du phare de Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine, Arlette Fortin, ainsi qu'un retraité, Michel English, récemment installé dans la municipalité.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Jean-François DeschênesLe maire sortant de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, Joël Côté, a procédé à une remise symbolique du phare aux citoyens de sa municipalité, mardi.

Le phare, qui a été rétrocédé à la Municipalité par Pêches et Océans Canada en 2016, sera géré par l’Association touristique de Madeleine dont la directrice générale, Arlette Fortin, est aussi candidate à la maire.

Le maire sortant se défend d’avoir organisé cette remise symbolique par intérêt politique. Il souligne l’importance du bâtiment pour sa Municipalité et rappelle que le drapeau municipal a été modifié il y a quelques années pour y inclure l’image du phare. C'est une décision du conseil pour souligner le travail d'équipe, indique M. Côté.

Une absence

Toutefois, sa rivale aux prochaines élections municipales n’était pas présente à la cérémonie même si le phare est pour elle l’emblème de la Municipalité. « Ça fait depuis 1871 qu’il y a un phare, c’est l’image du village », fait valoir celle qui gère le site et qui a négocié la cession du phare avec le gouvernement.

Mme Fortin n'a pas précisé les raisons de son absence.

Arlette Fortin vit à Madeleine depuis 35 ans et siège au conseil municipal depuis huit ans. « Je suis prête, dit-elle, j’ai pas mal vu ce qu’il y avait à faire. Je suis capable de le faire. »

Elle et son mari ont exploité une entreprise maraîchère pendant plusieurs années. La candidate se définit comme une personne très engagée dans sa communauté.

Si elle est élue au poste de maire, elle entend mettre l’accent sur le développement touristique. « Nous avons beaucoup de visiteurs, on a un beau coin de pays, il faut le développer pour attirer des gens, c’est comme ça qu’on va développer nos commerces locaux », commente Mme Fortin.

L’accès à Internet haute vitesse est aussi une priorité, croit-elle. « C’est souvent une lacune que j’ai constatée, dit-elle, il y a des gens qui voulaient s’établir à Madeleine avec un emploi autonome et qui n’ont pas pu à cause d’Internet. » Elle espère ainsi que plus de jeunes vont s’installer au village.

Le nouveau venu

Fils d’une famille expropriée de Forillon, Michel English, 64 ans, a choisi de s’établir à Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine en 2011 pour sa retraite. Pour lui, une ville se gère comme une entreprise. « Il y a des trucs comme le phare, illustre le candidat, essayer de remettre sur pied des décrépitudes comme ça, qui nous fait avaler de l’argent, augmenter nos comptes de taxes, il faut essayer de rentabiliser ça. »

Pour lui, ce n’est pas de l’argent bien investi et ce n’est pas à la Ville de gérer le site. « Avoir eu le pouvoir de le faire, indique M. English, j’aurais été en appel d’offres pour trouver un contracteur [sic], une compagnie qui aurait pris ça, au lieu que ce soit la Ville qui gère ça. »

Michel English s’interroge aussi sur l’avenir de la marina. « On a une marina qui fonctionne à perte aussi. Comment attirer des touristes dans une marina comme ça? », se demande le candidat.

La continuité

La marina fait partie du prochain dossier de cession auquel entend s’attaquer Joël Côté, s’il est réélu. « Les discussions sont déjà en cours avec le gouvernement fédéral, explique le maire sortant, on veut améliorer le site et profiter justement du fait que c’est un projet de cession pour aller chercher le maximum du gouvernement fédéral. »

Joël Côté, qui se présente comme le candidat de la continuité, souligne que les dernières années ont été consacrées à la mise aux normes des infrastructures comme les services incendie ou la construction d’un mur de soutènement dans le secteur de Gros-Morne.

Joël Côté veut un troisième mandat pour améliorer le réseau routier municipal et poursuivre le développement touristique.

La route du lac au Diable, dit-il, qui est utilisée par des villégiateurs, des chasseurs et des pêcheurs a notamment besoin de travaux, précise le maire sortant. Grâce aux redevances des parcs éoliens, le village est aussi en très bonne santé financière, relève Joël Côté. C’est d’ailleurs l’argent de l’éolien qui a servi à payer le coût des travaux du phare.

Célèbre pour sa rivière à saumon, Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine compte un peu plus de 300 électeurs dont plusieurs villégiateurs répartis sur un territoire de 160 km2.

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