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Le Plateau interdit les nouveaux stationnements dans les ruelles

Il est désormais impossible d'aménager de nouveaux stationnements dans les cours arrière des secteurs résidentiels de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal. L'administration du maire Luc Ferrandez a décidé de « prohiber » ces installations afin de « prioriser le transport collectif » et d'« encourager le verdissement ».

Un texte de Romain Schué

« Le développement de ruelles verdies, conviviales et sécuritaires pour les citoyens de tous âges ne doit pas être entravé par plus de circulation automobile », peut-on lire dans un document destiné aux élus, consulté par Radio-Canada.

Lors de la séance mensuelle du conseil d'arrondissement, lundi soir, les élus, tous membres de Projet Montréal, ont approuvé la modification du règlement d’urbanisme pour interdire l’aménagement de toute nouvelle aire de stationnement en surface, dans les secteurs destinés aux habitations, aux équipements collectifs et institutionnels. Ces changements sont immédiatement entrés en vigueur.

Seule la création d’un stationnement intérieur ou dans la cour arrière d’un bâtiment commercial sera encore autorisée, selon les critères locaux.

En revanche, l’arrondissement ne compte pas revenir sur les permis déjà accordés.

Plusieurs objectifs sont mis en avant pour justifier cette mesure : la réappropriation des ruelles par les riverains, le verdissement des cours et des espaces publics, la sécurisation des milieux et une réduction de la dépendance à l’automobile.

Augmenter les espaces réservés aux vignettes

Trop souvent considérées par le passé comme des « voies de service », ces ruelles seraient désormais devenues des « lieux de vie », selon l'élue du Plateau-Mont-Royal Marianne Giguère. Des dos d'âne et de multiples bacs à fleurs ont par ailleurs été installés ces dernières années pour y réduire le trafic.

« On veut y laisser nos enfants jouer, profiter de cet espace et, parfois, y poser une table, reprend-elle. La tendance, c'est clairement d'avoir des ruelles apaisées. C'est une demande des familles. »

Pour répondre aux besoins des citoyens, l’arrondissement explique privilégier le stationnement sur rue, avec une vignette municipale. Si les besoins deviennent trop grands, l’espace réservé aux titulaires de ces vignettes pourrait être revu et augmenté, promet l'administration.

Par ailleurs, d'éventuelles critiques n'effraient pas les élus locaux.

« Tous les plans disent qu'il faut prendre des mesures pour réduire le parc automobile », défend Marianne Giguère, en rappelant la nette victoire électorale, l'automne dernier, de Luc Ferrandez, qui vient d'entamer un troisième mandat consécutif comme maire du Plateau-Mont-Royal. « On nous a encore portés au pouvoir, alors que tout le monde sait de quel bois on se chauffe. »

Privilégier le transport collectif

Limiter le nombre de stationnements tient à coeur à l’administration du Plateau-Mont-Royal. En février, celle-ci avait opposé une fin de non-recevoir aux plans d’un stationnement souterrain présenté dans le cadre d’un projet de clinique pédiatrique, prévu dans l’extrémité est de l’arrondissement.

Les promoteurs souhaitaient obtenir 124 places, mais les normes de l'arrondissement n'en autorisaient qu'une quinzaine. En réponse à cette demande, l'équipe de Luc Ferrandez a affirmé vouloir privilégier les déplacements en transport collectif plutôt qu’en voiture.

Par le passé, différentes administrations du Plateau ont également pris plusieurs mesures pour réduire sur son territoire les aménagements réservés aux automobiles.

Dès 1994, le stationnement en cour avant a été en grande partie interdit. En 2006, il a été exigé qu'une aire de stationnement n’excède pas à 50 % de la cour. Un aménagement paysager devait aussi être créé sur la partie restante. En 2014, la construction de garages hors sol a quant à elle été interdite, alors que de nouveaux supports et espaces pour les vélos ont régulièrement vu le jour.

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