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Le PLC rejette un débat d'urgence sur l'aide médicale à mourir

La question de l'aide médicale à mourir ne fera pas l'objet d'un débat d'urgence lors de la plénière du congrès du Parti libéral du Canada (PLC) vendredi, comme l'espérait une déléguée.

Un texte de Mylène Crête

Le comité des politiques et programmes a jugé que la résolution soumise par Wendy Robbins ne constituait pas une véritable résolution d'urgence puisque cette question fait l'objet d'un débat public depuis un long moment.

« Ce type de résolution de dernière minute permet à des questions nouvelles, urgentes et difficiles à anticiper d'être soulevées parce qu'elles n'ont pas pu suivre le processus décisionnel régulier du parti, explique le porte-parole du PLC, Braeden Caley. C'était le cas en 2014, lors de l'éruption soudaine de violences en Ukraine. »

Cette déléguée du Nouveau-Brunswick réclamait la tenue d'un débat d'urgence pour demander au gouvernement de modifier son projet de loi sur l'aide médicale à mourir. Wendy Robbins estime que le projet de loi dans sa forme actuelle ne respecte pas l'ensemble des critères soumis par la Cour suprême.

Le concept de la mort raisonnablement prévisible contenu dans le projet de loi C-14 devrait être éliminé, selon cette militante libérale de longue date. Sa voix s'ajoute au concert de critiques qui sèment le doute sur la constitutionnalité de cette clause.

Wendy Robbins a d'abord demandé à la commission féminine du parti, dont elle est l'une des vice-présidentes, de parrainer sa résolution pour qu'elle soit débattue en assemblée plénière vendredi soir. Sa proposition a été rejetée par la commission, puis par le comité des politiques et programmes.

« Si le gouvernement a demandé un sursis de six mois à la Cour suprême pour présenter et débattre de l'aide médicale à mourir, c'est qu'il savait qu'il avait besoin de ce laps de temps pour y parvenir », ajoute-t-elle. Le plus haut tribunal du pays avait accordé quatre mois supplémentaires au gouvernement, en janvier, au lieu des six mois demandés.

Le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Dominic LeBlanc, réplique qu'il y a eu déjà suffisamment de consultations à ce sujet au sein du PLC au cours des dernières années, autant dans les circonscriptions que lors des réunions provinciales.

« Le fait qu'on a un congrès - planifié depuis plusieurs mois - en même temps que le projet de loi arrive à sa fin dans un processus parlementaire à cause d'un délai imposé par la Cour suprême du Canada ne devrait pas être vu comme un effort de contrôler une discussion. C'est simplement le résultat d'un processus constitutionnel qui nous amène à un moment de décision », a-t-il plaidé.

En voyage au Japon pour la réunion du G7, le chef libéral Justin Trudeau défend tout aussi l'approche de son gouvernement. « Il y a des gens - incluant des libéraux - qui pensent qu'on ne va pas assez loin, affirme-t-il. Il y a d'autres gens, y compris sûrement quelques libéraux, qui trouvent qu'on va trop loin. Nous reconnaissons à quel point l'étape qu'on est en train de franchir est importante. Il est essentiel de le faire de façon responsable, ce que nous avons fait. »

Le gouvernement souhaite que le projet de loi C-14 soit voté en troisième lecture mardi, soit une semaine avant la date butoir du 6 juin fixée par la Cour suprême, malgré les critiques. Un débat lors du congrès du PLC aurait ajouté une pression supplémentaire sur ses épaules pour amender le projet de loi avant de soumettre celui-ci au Sénat.

Malgré tout, d'autres voix s'élevaient pour soutenir la tenue d'un débat d'urgence, dont celle de l'ex-premier ministre Paul Martin. Même la ministre de la Santé, Jane Philpot, ne s'y opposait pas, puisqu'elle y voyait une occasion d'expliquer son projet de loi en détail à l'ensemble des militants libéraux.

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